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Résistance et Europe

Fiche d’histoire contemporaine

dimanche 20 juillet 2008, par Anne-Renée Castex

Dès avant la fin de la seconde guerre mondiale, les différents mouvements de résistance européens réfléchissent à la reconstruction de l’Europe. Quelle place tient le projet d’Europe unie dans leurs réflexions ?

Résistance : renvoie aux mouvements européens, patriotiques, antifascistes. Une réflexions sur l’organisation future du continent est menée par ces mouvements.

But : empêcher la renaissance des conflits.

3 questions centrales :

Les pays de l’Axe

Résistance allemande

La résistance allemande se développe chez les Allemands en exil à l’étranger. L’Europe est analysée comme la condition d’une restauration nationale.

→ Situation paradoxale des résistants allemands : l’Europe qu’ils espèrent ne peut venir que d’une défaite allemande.

++++La résistance italienne

→ Dans les pays de l’Axe, l’Europe équivaut à une solution possible de redressement. Ceux qui se réclament de l’Europe mettent plutôt l’accent sur le fédéralisme.

Les démocraties européennes

Résistances et organisation de l’Europe

D’une manière générale, les mouvements de résistance pensent que le nationalisme est une impasse.

Pour [rouge]Henri Frenay[/rouge], les résistants européens ont la mission de construire une Europe unie reposant sur la liberté, l’égalité et la fraternité : ainsi, la construction de l’Europe obéit au même esprit que celui de 1789 dont elle est le prolongement.

L’idée se développe que les frontières sont insupportables et inadaptées aux économies modernes : leur suppression n’entraîne en aucune manière la disparition des peuples.

Certains milieux résistants espèrent que l’Angleterre prendra la tête d’une Europe unie au lendemain de la défaite allemande : c’est le cas de [rouge]Paul Henri Spaak[/rouge].

++++Résistance et fédéralisme européen

Plusieurs objectifs aux projets fédéralistes :

→ Une organisation fédérale remplacerait efficacement la SDN dont le fonctionnement intergouvernemental a été un échec. La fédération est un gage de la sécurité en Europe.

→ La résistance communiste ne partage pas les idéaux des fédéralistes.

Le recul du fédéralisme : d’une façon générale, les aspirations fédéralistes tendent à reculer chez les adversaires de l’Allemagne au fur et à mesure que la guerre se prolonge : hostilité de l’URSS, opposition de la résistance des petits pays, affirmation prédominante des intérêts nationaux (nationalisme).

De plus, l’idée fédérale doit compter avec l’idéal mondialiste (voir notamment la construction des Nations Unies). Cela occasionne un recul du fédéralisme, qui n’a jamais constitué un mouvement fort pendant la guerre, sauf chez les résistants italiens.

Poursuivre votre lecture sur l’Europe :

- L’Europe nazie

- Affaiblissement et relèvement économique de l’Europe : 1945 - 1951

- Fédéralistes et Unionistes


Source : cours de Danielle Tartakowsky à Paris VIII, 2007/08.

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