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Scrapped Princess

lundi 12 novembre 2007, par Claire Mélanie

Cette animation commence "in medias res", au coeur des choses. Apparaît devant nous chacun des personnages principaux dont le rôle se définit dès les premières actions : un combattant de type chevalier, une magicienne et une jeune fille ainsi protégée qui ne fait que contempler.
Scrapped princess, c’est la princesse rejetée, la princesse maudite, non pas celle sur qui le mauvais sort est lancé mais qui est censé apporter le mauvais sort, la destruction du monde.

Tout un royaume est à sa poursuite pour éviter l’avènement de la catastrophe, le jour de sa seizième année. Elle aurait dû mourir à sa naissance mais a été sauvée par une magicienne, la mère des deux jeunes personnes qui la protègent désormais. Cependant, la prophétie est pour le moins sybilline. Détruire le monde... est-ce tout détruire ? Détruire le monde tel que les hommes le connaissent depuis 5000 ans ? Détruire n’est-ce pas révéler, recréer ?

Chacun ignore d’abord qu’il est au centre d’un plus vaste projet, réflexion omniprésente sur le libre-arbitre. Si j’ai un destin, en quoi puis-je dire que je choisis ? N’y a-t-il pas malgré tout des possibles qu’il me reste à emprunter, des possibles qui sont des variations de moi-même ? Mais le destin tracé n’est pas le seul à pouvoir faire nous dresser contre ceux que l’on a toujours servi. Réveil de la volonté, pouvoir de dire : je fais parce que je veux.

Sous les abords enjoués des premiers épisodes qui se construisent en reprenant les topoï du genre aventure-fantastique ( le personnage qui a tout le temps faim et qui se goinfre, les combats alliant épée et magie, le chevalier maladroit, le personnage mystérieux apparaissant-disparaissant), l’animation se complexifie ensuite et vient se faire entremêler de plus en plus de destinées. Encore et toujours le sacrifice, encore et toujours les non-dits des sentiments. Qui culminent dans les épisodes 20 et suivants.
Une mise en scène alternée et dynamique offrant au regard le croisement des enjeux, le tragique de la dévotion inconnue.

Les dessins sont soignés, la musique à propos. La fin peut-être un peu rapide. Comme souvent. Dommage également d’avoir parfois transformé un personnage innocent en personnage parfois un peu stupide.

Une série qui mène à bien la montée de l’intensité et qui sait se jouer des codes pour offrir un scénario intelligent.


- Titre original : Scrapped Princess
- Année de production : 2003
- Studio : Bones
- Genre : Fantastique et science-fiction
- Auteur : Sakaki Ichirô
- Nombre d’épisodes : 24
- Durée : 25 mins


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