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Persona, étrangement humain

lundi 7 mars 2016, par Pierre

Le Musée du quai Branly nous propose du 26/01/2016 au 13/11/2016 l’exposition « Persona, étrangement humain » sur une thématique des plus intrigantes à savoir les relations que l’homme tisse au travers de différentes cultures avec les objets qui l’entourent et comment il leur donne une âme en lui donnant une fonction.

C’est à cette occasion que nous avons traversé les jardins du musée du Quai Branly afin d’y assouvir notre curiosité. Nous avons tout d’abord laissé notre objectif se perdre de vue pour nous accorder une balade dans l’exposition permanente, véritable interface vers les civilisations délaissées par le grand public, comme les tribus d’Océanie, d’Arctique, d’Afrique et des autres continents.

Ce voyage passionnant à travers les cultures, les rites et les traditions ne nous a pas laissés de marbre, et nous conseillons à tous ceux ayant quelques attraits pour l’histoire des peuples de notre monde et leurs connections avec le spirituel de s’y rendre sans attendre, elle est d’ailleurs surplombée à l’étage par l’exposition « En terre chamanes » qui s’achèvera ce dimanche 6 mars.

Mais revenons à l’exposition qui nous a menés jusqu’ici.

Persona traite de la place des objets dans notre quotidien mais surtout de l’étincelle de vie qu’on leur insuffle, la personnification qui en découle et la perception de la présence d’autrui dans notre espace. Thématique qui ne manque pas d’horizon et qui nous oriente vers le questionnement de notre propre rapport aux choses et à la place que l’on accorde au matériel dans notre immatérialité. Enfin je crois que ça parle de ça…

On sera donc rapidement surpris par la provenance si variée du contenu de l’exposition et si l’on se retrouve d’abord déboussolé par cette mise en forme qu’on serait tenté de qualifier d’incohérente ; au fur et à mesure que l’on progresse, on finit par y trouver un sens quitte à le fabriquer soi-même.

Des sculptures et des installations originales, souvent dérangeantes, comme la Love Doll, une poupée de silicone plus vraie que nature et la vidéo de son mariage avec un homme bien vivant celui-là, au fond d’une cave, dans une ambiance sordide.

Une thématique abordée via des sujets différents plus ou moins accordés entre eux : la théorisation de l’attitude humaine face aux humanoïdes robotisés, les expérimentations sur notre univers perceptif et sensoriel, la symbolisation du divin comme de l’humain et bien d’autres encore.

Une exposition passionnante qui fait réfléchir, aucun doute la-dessus, et n’hésitez pas à y revenir dans le métro, quand vous serez sur le retour, elle vaut la peine de méditer aussi bien in situ qu’alité.

Elle reste cependant très provocatrice et l’on en ressort plus nauséeux qu’animé par l’envie de partager cette expérience, mais cette perception n’est que la mienne et les sensibilités diffèrent rapidement face à ce genre de spectacle.

Une exposition que je recommande à tous ceux portant un attrait pour les questions dérangeantes et la robotique, aux curieux en tout genre mais surtout du genre averti.

Par ailleurs le musée et ses expositions vous ouvrent ses portes, gratuitement pour les moins de 25 ans, pour 7 euros pour les bénéficiaires de tarifs réduits et pour 9 euros pour tous les autres. De nouveaux horizons de réflexions à petit prix c’est toujours une bonne nouvelle.


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