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Salon littéraire du 18 juillet 2012 - Compte-rendu, seconde partie

mardi 4 décembre 2012, par Claire Mélanie

Voici donc la seconde partie du compte-rendu du deuxième salon littéraire de Jean-Olivier. Pour la première partie, suivez ce lien : compte-rendu, première partie

La présentation de Larry Steele engendra chez le public, remarques et questions : sur la différence entre le jeu de dames, son caractère fini, et le jeu d’échecs aux solutions démultipliées ; sur l’archétype du joueur perdu ; sur le rapport entre vie d’artiste et vie de joueur d’échecs ; sur le jeu relationnel, à travers l’exemple du transsibérien avec ses salles dédiées au jeu d’échecs ; ...


Crédits photo : Chris Esnault, tous droits réservés

Lectures et ateliers d’écriture

S’ensuivit une lecture du poème Echecs de Jorge Luis Borges, sa traduction mais aussi sa version originale en espagnol.

Enfin, les ateliers d’écriture. Même principe que pour le premier salon littéraire. Les ateliers d’écritures sont l’occasion d’explorer quelques mots, renvoyant à la thématique du jour. Mais rien n’empêche dans le cas de termes polysémiques d’écrire au tour d’un sens sans rapport avec ladite thématique. Un mot, un expression sont lancés, on en fait ce qu’on en veut : on triture, on digresse, on aborde à peine, on contourne, on jeu de mot, on sérieux, les possibles sont ouverts.


Crédits photo : Chris Esnault, tous droits réservés

Premier mot : "Fou". Le fou des échecs, la folie également.


Crédits photo : Chris Esnault, tous droits réservés

Deuxième mot : "Cavalier". Nom, adjectif, à féminiser ou à laisser au masculin.


Crédits photo : Chris Esnault, tous droits réservés

Et pour finir, une expression : "jouer sa vie".

Pour retrouver la sélection du jury suite à ses ateliers, cliquez ici.

Yves Vaillancourt, Les échecs dans la littérature et le cinéma

Ce fut au tour d’Yves Vaillancourt qui commença par projeter un court extrait du Septième sceau d’Ingar Bergman, au moment où se décide que la vie du chevalier ne tiendra qu’à sa performance au jeu d’échecs.


Crédits photo : Chris Esnault, tous droits réservés

Les échecs ne sont pas sans lien avec le mythe de Prométhée. Nous sommes une civilisation prométhéenne, nous n’acceptons plus les limites naturelles de la condition humaine. Cette ambition se trouve cependant sanctionnée. L’une des raisons du châtiment, c’est l’hybris, la démesure, l’excès d’orgueil.

Dans ce contexte, le jeu d’échecs apparaît comme une recherche scientifique, qui demande de très hautes intelligences, d’où naissent beaucoup d’orgueil. Il faut pousser au plus haut l’étendard de l’être humain.

Comme dans le mythe de Prométhée, il y a conquête voire usurpation par les hommes d’un savoir, savoir auparavant réservé aux dieux.

Yves Vaillancourt se propose alors de jeter un éclairage sur quatre oeuvres : Edgar Alan Poe, Ingar Bergman, Krzysztof Kieslowski et Katherine Neuville.

Sont alors abordées les tentatives - vaines et cocasses - de l’humain de se hisser au-dessus de l’humain. Pas si différemment, Antonius, dans le Septième sceau, ne joue, pas tant pour vivre que pour se connaître, s’affranchir de sa propre conscience. Il cherche la foi. Vivre plus longtemps, c’est prolonger l’espoir de connaître.
Chez Katherien Neuville, dans une mouvance new age, il est presque possible pour l’humain de devenir comme un dieu. Dans son roman Le huit, s’associent deux trames narratives ; la première concerne des religieuses pendant le XVIIIème siècle tandis que la seconde concerne une jeune informaticienne - double présumée de l’écrivaine - au moment du choc pétrolier en 1973. Il s’agit de réunir toutes les pièces d’un jeu d’échec bien particulier qui livrerait alors la formule d’un pouvoir infini. C’est l’idée d’une structure absolue du monde s’expliquant par les mathématiques.

Cette riche intervention nous fit donc parcourir des univers artistiques et de pensées différents, riche par la confrontation de ces productions, riche par le tissage créé entre différentes manifestations de la pensée humaine.
L’auditoire ne fut pas en reste, qui posa de nombreuses questions à Yves Vaillancourt, malgré l’heure qui devenait tardive.


Crédits photo : Chris Esnault, tous droits réservés

Mais les portes de la maison des associations se refermaient. Les discussions furent prolongées - bien plus terre à terre - au restaurant autour de savoureuses pizzas.
Non sans avoir préalablement, grâce au guidage fort à propos d’Anne, admirés - ou redécouverts - les fastes des illuminations de la Tour Eiffel.


Pour en savoir plus sur le salon littéraire de Jean-Olivier :

- le site de Jean-Olivier

- Compte-rendu du premier salon : premier salon

- Sélection du jury des textes issus des ateliers d’écriture du premier salon : sélection

- première partie du compte-rendu du deuxième salon : première partie

- sélection du jury des textes issus des ateliers d’écriture du deuxième salon : sélection

- quelques images du troisième salon : premières images


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