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Troïlus et Cressida de Shakespeare en tournée

mardi 1er avril 2008, par Anne-Renée Castex impression

Mots-clefs :: Théâtre ::

Après Cymbeline l’an passé, le metteur en scène anglais Declan Donnellan revisite une nouvelle fois Shakespeare en montant cette année Troïlus et Cressida avec sa compagnie, la désormais fameuse Cheek by Jowl. L’occasion de découvrir une pièce peu connue et très peu jouée du grand Will en version originale (la pièce est en v.o surtitrée).


L’action se déroule pendant la guerre de Troie. Comme souvent chez Shakespeare, deux histoires se déroulent parallèlement : l’histoire d’amour malheureuse de Troïlus et Cressida, et les péripéties de la guerre de Troie, inspirées de l’Iliade. La petite et la grande histoire, en somme. Tous les personnages de Homère sont présents. Achille, Patrocle, Ajax, Ulysse, Agammemnon et son frère Ménélas du côté grec. Priam, Hécube, Hector, Andromaque, Pâris, Hélène, Cassandre et Énée du côté troyen.

Ils sont tous là, et pourtant méconnaissables. Car où sont passés les héros, les nobles passions et les grands sentiments ? Sous la plume sarcastique de Shakespeare, il ne reste plus grand chose du mythe. Plus grand chose, mais peut-être finalement l’essentiel, les hommes. Pas d’émouvants adieux entre Andromaque et Hector sur les remparts de Troie avant qu’il ne parte pour son ultime combat contre Achille, une lâche embuscade tendue par Achille à Hector au lieu d’un duel loyal entre les 2 guerriers.

La pièce, écrite juste après Hamlet, oscille sans jamais choisir entre tragédie et comédie. Le thème général est la désillusion : désillusion de Troïlus, devant la trahison de son aimée Cressida, désillusion également devant la banalité des héros de l’Iliade, moins héroïques mais finalement plus proches de nous, ridicules mais touchants. Shakespeare semble trouver un plaisir certain à parodier ces héros et à les faire descendre de leur piédestal mythique.

La mise en scène de Donnellan est comme toujours efficace et sans fioritures. Peu de décors mais beaucoup de jeux de lumière, un dispositif scénique bi-frontal (la scène est au milieu et les spectateurs disposés sur 2 gradins qui se font face). Malgré la longueur de la pièce (2 séquences d’1h20 séparées par un entracte), on ne s’ennuie pas un seul instant. La diction et le jeu des acteurs sont parfaits. La lecture des sous-titres n’empêche pas de suivre l’action sur la scène.

Bref, on remercie Declan Donnellan d’avoir encore une fois exhumé une pièce de Shakespeare peu ou mal connue et de nous donner l’occasion de l’apprécier en anglais, dans une mise en scène à la fois moderne et classique.

Troilus et Cressida


En tournée en France jusqu’en mai 2008 :

- Paris : 12 au 30 mars 2008, théâtre les Gémeaux, Sceaux

- Reims : 1 au 5 avril, la Comédie

- Lyon : 6 au 10 mai, Célestins

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