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Salon littéraire du 18 juillet 2012 - Compte-rendu, première partie

samedi 20 octobre 2012, par Claire Mélanie impression

Mots-clefs :: La Revue du 24 :: Littérature ::


Traversée des Invalides, direction le deuxième salon littéraire de Jean-Olivier : le jeu d’échecs dans les arts. La chaleur pèse mais j’y suis bientôt. Les petites rues du 7ème, finalement la Maison Des Associations de l’arrondissement. Yves Vaillancourt, Larry Steele sont déjà là de même que Jean-Marie Clarke, le photographe de l’image de couverture de la Source opale d’Yves Vaillancourt. Venue surprise, pas de refus.


Crédit photo : Olivier, MDA 7ème

Jean-Olivier se fait alors un plaisir de présenter, à l’heure, le déroulement de ce deuxième salon : nous aurons donc les interventions de Larry Steele, Les échecs comme métaphore dans la source opale d’Yves Vaillancourt, une session d’ateliers d’écriture autour du thème des échecs, en fin une intervention d’Yves Vaillancourt sur la symbolique des échecs dans Le film le Septième sceau d’Ingar Bergman.

Larry Steele prend la parole et nous enchante immédiatement par son entrain. Il nous invite à nous intéresser parallèlement à La Source opale et au Désert des Tartares – grande référence dans l’œuvre d’Yves Vaillancourt. Le jeu , de façon général, informe la narration ; s’il n’y avait qu’un exemple, ce serait le fort qui s’assimile à un échiquier, dans lequel l’éventuel héroïsme frise en réalité le chimérique. L’analyse se déploie alors en trois temps, la vie comme un jeu, ensuite la vision agonistique du jeu, enfin La source opale comme vision alternative du jeu.


Crédit photo : Chris Esnault

I. La vie comme jeu

Le jeu, c’est la frivolité, les échecs ont donc nécessairement mauvaise presse. A cela s’ajoute le phénomène d’abstraction, de coupure du monde, partant d’un manque de pertinence. Larry Steele nous renvoie alors au livre Homo Ludens, de Johan Huizinga, notamment pour tout ce qui concerne la fonction sociale du jeu, apparemment dépourvu de but utilitaire mais qui reste cependant toujours présent dans la vie collective.

Les interrogations sur les échecs existent aussi pour l’œuvre artistique. Quelle portée artistique pour une œuvre, quel est son attachement au vécu. Quid de la médiocrité ?

Vital cherche bien une vie significative ou signifiante.

II. La vision conflictuelle du jeu

Le fort est un univers figé, qui s’oppose à la vie, symbolisée par le changement, l’échiquier s’oppose à la vie. Le fort permet ainsi la mise en scène d’un idéalisme tragique : Drogo attend la gloire finale qui n’arrivera jamais. Le départ du fort avant le combat est son ultime défaite.

Larry Steele propose alors un arrêt sur image, plus précisément sur un tableau de Marcel Duchamp, La partie d’échecs. Il montre la manière dont les hommes semblent en transe tandis que les femmes, elles, ne jouent pas. Pourtant elles transcendent aussi bien que les hommes, la nature, la réalité du quotidien. Ce quotidien n’est d’ailleurs pas négligeable, à l’image de la profondeur du vert.

Le jeu n’est pas la vie courante, le jeu c’est s’évader dans une sphère provisoire propre (v. Homo Ludens).
Chez Buzzati, Drogo est incité à rester au fort malgré ses réticences. Cette illusion fait de Drogo un captif volontaire. Le terme illusion est d’ailleurs de même racine que le mot « ludique ». En outre, il y a une insertion, une présence quasi inévitable du jeu dans la vie. A cause de la gloire. Dans un contexte dans lequel la guerre devient ce jeu, s’opère un retournement où le jeu serait le vrai mobile de la guerre. Le jeu résiderait même derrière les raisons politiques apparentes. Le fort Bastiani du désert des Tartares offre l’opportunité de la gloire d’être un héros, la gloire serait cependant une sirène éloignant les hommes de la vie.

De même l’amour prend la forme d’une conquête. Il s’agit de dominer, de gagner, d’obtenir la satisfaction passagère de son orgueil.


Crédit photo : Chris Esnault

III. La source opale comme vision alternative du jeu

Il ne s’agit pas de nier le jeu, de le reconnaître. Il reste certes toujours un prix à emporter, mais le jeu comme le prix ne sont pas la conquête de l’autre. Se développe alors une thématique de renaissance et de lutte consensuelle par le jeu.

Les échecs sont fondés dans le matériel, on pousse du bois mais on projette, on prévoit. L’échiquier prend cependant le risque d’être trop rigide ou trop abstrait.

Conclusion

Les échecs sont une fausse piste dans la recherche de la perfection. Mais ils engendrent toujours une part de fascination, d’enchantement. Ils représentent à la fois l’antagonisme et la conciliation de l’enfermement et de la liberté, du concret et de l’imaginaire.


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