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Privés d’agrégation par la SCNF !

samedi 4 avril 2009, par Anne-Renée Castex impression

Mots-clefs :: Education :: Société ::

Jeudi 2 avril au matin, black-out complet à la gare du Nord : le trafic est totalement arrêté sur les lignes des RER B et D. Personne sur le quai à l’heure de pointe, quelque chose ne tourne pas rond... Pas de rétablissement prévu avant midi annonce le message qui a remplacé les horaires des trains sur les écrans installés sur le quai.


Si les problèmes sur les lignes RER sont malheureusement courants, celui-ci est d’une ampleur inédite, la circulation étant totalement coupée, et ce pour une durée indéterminée.
Des bus de remplacement sont prévus, mais évidemment pas pour toutes les directions.
Devant et autour de la gare du Nord, c’est la guerre pour essayer d’avoir un taxi : les touristes ont des avions à prendre à Roissy, les gens veulent aller au travail, et malheureusement ce jour-là, des candidats au concours de l’agrégation doivent se rendre à la Maison des Examens à Arcueil pour passer une épreuve.

Coup du sort, la maison des examens est desservie par le RER B (station Laplace). À part le RER, le centre des examens est également accessible par un bus qu’il faut prendre à la porte d’Orléans (métro ligne 4). Règle intangible d’un concours national : tout le monde doit composer sur le même sujet, le même jour à la même heure sur tout le territoire français. Il faut donc à tout prix arriver avant 9h, heure qui figure sur les convocations reçues par tous les candidats.

Commence alors une course effrénée, où la chance et le hasard ont tenu une grande place, et dont certains sont sortis vainqueurs alors que d’autres ont trouvé porte close à Arcueil après un trajet éprouvant et mouvementé. Il est trop tard ! Une fois les portes fermées, impossible de rentrer, impossible de composer. Courant dans la rue devant le centre des examens, certains ont vu la grille se refermer devant eux.

Qu’on se représente le désarroi de candidats passant un concours extrêmement difficile et sélectif, qu’ils ont consacré une année entière au minimum à préparer, disqualifiés d’office, pour n’avoir pu arriver à temps, suite à un problème SNCF !

L’injustice de cette situation est d’autant plus criante que ceux qui habitent dans le nord de Paris, dans les banlieues nord et/ou sur les mauvaises lignes de transport ont été défavorisés. Non, ceux qui sont arrivés à l’heure ne sont pas ceux qui sont partis le plus tôt ! Et oui, le critère géographique a été décisif : ce jeudi 2 avril, il fallait habiter le Sud de Paris et pas le Nord, et surtout ne pas dépendre du RER.

Les candidats malheureux, reçus plus tard dans la journée par des responsables de la Maison des Examens se voient opposer le sacro-saint principe d’ « égalité des candidats » devant le concours : tout le monde devant composer en même temps, il n’était pas possible d’attendre à Arcueil sans attendre dans tous les autres centres d’examen de France et de Navarre ; pas possible non plus d’organiser une session de rattrapage pour la même raison. L’égalité administrative face à l’inégalité géographique. Quelle ironie !

La seule solution serait donc d’annuler l’épreuve du jeudi 2 avril et de refaire composer tous les candidats. Possible, mais pas assez de monde concerné. Malheureusement (bien qu’heureusement pour eux), une majorité de candidats a pu se rendre à cette épreuve, si bien que le ministère n’a pas jugé bon de la repousser, ou même de l’annuler après coup.

28 personnes disent-ils, déjà une cinquantaine selon le collectif des agrégatifs victimes qui s’est constitué. Et combien qui, voyant l’heure fatidique dépassée, ont rebroussé chemin sans se présenter à la grille ?! Les candidats concernés ne comptent pas en rester là : toutes les voies de recours seront tentées, car il n’est pas possible de voir son avenir s’écrouler d’un coup sans rien faire.

N’hésitez pas à vous exprimer dans les commentaires si vous avez une réaction ou un témoignage à partager sur cette funeste journée et/ou à poster des liens internet vers d’autres sites parlant de cette situation (la liste en fin d’article pouvant être mise à jour au fur et à mesure).

Ils en parlent aussi :

- Des candidats à l’Agrégation interdits d’épreuves à la suite de perturbations à la SNCF, sur fabula.org

- Des candidats à l’agrèg éliminés par la panne à Gare du Nord, sur lepost.fr

- Les candidats à l’agreg’ piégés par les pannes de transport ne baissent pas les bras, sur 20 minutes.fr

- Collectif des agrégatifs éliminés injustement, groupe Facebook

- Blog du collectif des agrégatifs injustement éliminés

- Pétition de soutien au Collectif des agrégatifs injustement éliminés


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+ Répondre à cet article (6 commentaires)
  • Privés d’agrégation par la SCNF !

    4 avril 2009 18:19, par Dedalia

    Bonjour,
    en dehors même du fond du problème, je note, en rapport avec les liens données à la fin de l’article et que j’ai été voir, que les approximations sont nombreuses sur le sujet et que tout le monde donne encore son avis sans connaître de quoi il retourne.

    Par exemple, l’article sur lepost.fr parle d’examen alors que l’agrégation est un concours. La différence a son importance car en général, pour les examens, les universités ont la souplesse de reporter l’épreuve ou de mettre en place une autre solution.

    Et cela sans parler des commentaires des internautes qui reprochent aux candidats de ne pas soutenir la grève des profs sur un ton ironique (et oui un candidat au concours n’est pas encore professeur...) et d’autres qui s’exclament même : "ne doit-on pas déjà être prof pour passer l’agrégation".

    Le conseil d’aller voir un avocat, que l’on trouve deci delà me semble délicieux : les candidats au concours sont le plus souvent des étudiants sans travail ou avec un job. Quand on pense que la plupart des avocats commencent par vous facturer la première consultation (qu’est-ce que 200 ou 300 euros pour une personne sans emploi ?), je ne vois pas trop comment ce conseil sera mis en pratique. Par un riche candidat lésé ?

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    • Privés d’agrégation par la SCNF ! 4 avril 2009 20:09, par Lobelya

      Oui, on trouve en effet de tout dans les commentaires, et beaucoup parlent sans savoir comme d’habitude (je passe sur les commentaires anti-parisiens/fonctionnaires/professeurs ou moralisateurs du style "il fallait partir plus tôt"). Je suis d’ailleurs étonnée de n’avoir pas encore trouvé de référence au Troisième Reich (cf. loi de Godwin) ;)

      En tout cas, tu as raison, il est frappant de voir que beaucoup de gens ne savent pas ce qu’est un concours, par rapport à un examen. C’est pourtant fondamental, puisque tout le problème est là, et plus précisément dans la notion de concours national. Si l’agrégation avait été un examen, tout serait déjà réglé...

      L’opinion de juristes (droit public of course) serait d’ailleurs bien utile pour faire le point sur la législation, les voies de recours possibles et la jurisprudence. Avis aux publicistes !

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  • Privés d’agrégation par la SCNF !

    6 avril 2009 10:07, par lilou 2

    Agrégatif de province, je me sens pas du tout solidaire... Je penses qu’il faut arrêter un moment de pleurer et savoir se prendre en main...
    Je tiens à signaler que pour éviter tout problèlme de transport (le centre d’examen étant à 45 minutes d’autoroute de ma piaule étudiante), j’ai fait le choix de prendre un hôtel à proximité immédiate du centre d’examen...
    Effectivement, ceci a eu un coût, élevé pour un étudiant (environ 300 euros, repas compris). Mais l’agrégation vaut ce sacrifice...

    Si un collectif se monte en solidarité aux étudiants privés d’agreg, je tiens à signaler que tous ne sont pas de ceux ci. Il convient de la faire savoir à l’éductaion nationale et au tribunal administratif susceptible de statuer sur ces cas.

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    • Privés d’agrégation par la SCNF ! 6 avril 2009 19:23, par Jean-Michel

      C’est une vaste plaisanterie, que comprenne les 300 euros dont tu parles ? J’ai moi-même passé des examens à Arcueil et je payé ma chambre beaucoup moins cher.

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    • Privés d’agrégation par la SCNF ! 16 avril 2009 18:58, par gt

      Tout à fait d’accord avec lilou. C’est un peu naïf de la part des agrégatifs retardataires : Lorsqu’on passe un concours de cette importance, on ne le met pas entre les mains d’une pauvre panne de metro, ou même d’une grève.
      De plus, Un ecrit d’agreg c’est souvent sur 3 ou quatre jours : 4 nuits à 60 euros (le formule 1 du coin n’est pas toujours près du centre d’examen) plus le transport, et les repas. c’est facilement 300 euros.

      Quant à l’oral c’est 7 jours. Et il faut arriver à 5 h du mat. Avant l’ouverture du metro...

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    • Privés d’agrégation par la SCNF ! 23 juin 2009 20:13, par Nevermind

      Que ne faut-il pas lire sur le net de nos jours...
      Mon cher Lilou2, il est parfaitement concevable que tu sois en désaccord avec les arguments avancés par les malheureux agrégatifs utilisateurs de la ligne B.
      Tu as également le droit, même si c’est discutable, de ne pas te sentir solidaire du mouvement de tes compagnons d’agrégation.
      Je trouve cependant particulièrement douteux, pour ne pas dire stupide, de venir témoigner ta non-solidarité publiquement sur un site.
      Quel est l’intérêt d’un tel commentaire ?
      Tu sembles être quelqu’un de très prévoyant (disposant d’au moins 300 euros, mazette !) ce qui est très bien.
      Cela ne t’interdit pas pour autant de faire preuve de la compassion et de la retenue élémentaire envers tes camarades, plus malchanceux, insouciants ou pauvres, qui n’ont certainement pas mérité leur triste sort.

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