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Pascal, "Pensées" – 139. Divertissement. Texte et commentaire

samedi 25 avril 2020, par Corinne Godmer impression

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Pendant cette période de confinement, en particulier pour les élèves de lycée, nous avons décidé de publier à un rythme plus soutenu plusieurs analyses de texte.


Pascal, Pensées – 139. Divertissement.

"Quand je m’y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent dans la Cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s’il savait demeurer chez soi avec plaisir, n’en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d’une place. On n’achète une charge à l’armée si cher, que parce qu’on trouverait insupportable de ne bouger de la ville. Et on ne recherche les conversations et les divertissements des jeux que parce qu’on ne peut demeurer chez soi avec plaisir. Etc.
Mais quand j’ai pensé de plus près et qu’après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs j’ai voulu en découvrir la raison, j’ai trouvé qu’il y en a une bien effective et qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable que rien ne peut nous consoler lorsque nous y pensons de près.
Quelque condition qu’on se figure, où l’on assemble tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde. Et cependant, qu’on s’en imagine accompagné de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher. S’il est sans divertissement et qu’on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu’il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point. Il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent des révoltes qui peuvent arriver et enfin de la mort et des maladies, qui sont inévitables. De sorte que s’il est sans ce qu’on appelle divertissement, le voilà malheureux, et plus malheureux que le moindre de ses sujets qui joue et qui se divertit.
De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés. Ce n’est pas qu’il y ait en effet du bonheur, ni qu’on s’imagine que la vraie béatitude soit d’avoir l’argent qu’on peut gagner au jeu ou dans le lièvre qu’on court, on n’en voudrait pas s’il était offert. Ce n’est pas cet usage mol et paisible et qui nous laisse penser à notre malheureuse condition qu’on recherche ni les dangers de la guerre ni la peine des emplois, mais c’est le tracas qui nous détourne d’y penser et nous divertit.
Raison pourquoi on aime mieux la chasse que la prise.
De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement. De là vient que la prison est un supplice si horrible. De là vient que le plaisir de la solitude est une chose incompréhensible. Et c’est enfin le plus grand sujet de félicité de la condition des rois de ce qu’on essaie sans cesse à les divertir et à leur procurer toutes sortes de plaisirs.
Le roi est environné de gens qui ne pensent qu’à divertir le roi et à l’empêcher de penser à lui. Car il est malheureux, tout roi qu’il est, s’il y pense".

Notes

Janséniste : Qui est partisan du jansénisme. Qui offre un caractère d’austérité, de rigorisme excessif.
Jansénisme : Doctrine, école, querelle janséniste ; austérité, piété janséniste ; principes jansénistes. Un fond d’idéalisme calviniste, janséniste, jacobin, une vieille croyance en l’irrémédiable perversité de l’homme (Rolland, J.-Chr., Foire, 1908, p. 759)
Les querelles des jésuites et des jansénistes ; le janséniste Pascal. Les jansénistes disent qu’il faut aimer Dieu, et les jésuites le font aimer (...). Les jansénistes aiment mieux la règle que le bien ; les jésuites préfèrent le bien à la règle (Joubert, Pensées, t. 1, 1824, p. 134) in http://www.cnrtl.fr/definition/janséniste.

Dictionnaire de Furetière en 1690 : "Moraliste : auteur qui écrit, qui traite de la morale".
Il faut donc se reporter à la définition que Furetière donne de la morale : « Morale : la doctrine des mœurs, science qui enseigne à conduire sa vie, ses actions. »

Un siècle de moralistes in http://www.intellego.fr/soutien-scolaire-terminale-l/aide-scolaire-francais/introduction-l-epoque-et-le-siecle-des-moralistes/29329
Un moraliste est quelqu’un qui observe les mœurs de son époque.
Au XVIIème, paraissent en France des œuvres sur les règles de la vie sociale en particuliers l’art de converser (vivre, parler familièrement avec quelqu’un) (cf. Le Misanthrope). La notion de conversation renvoie à la mondanité, c’est-à-dire à la vie civile et l’élégance. L’idéal de l’époque : l’honnête homme : un noble ou un roturier fortuné qui vit dans le monde et non parmi les livres (à la différence des religieux) et qui a une culture élargie sans spécialisation.
Le souci des moralistes n’est pas de former les mœurs ni de les purifier. Ils observent les règles de la vie sociale et posent comme principe que la vie sociale ne peut être le lieu de la vérité de l’Homme. Le discours des moralistes est critique. Les moralistes invitent à se méfier de l’Homme, de son langage, de sa pensée, de ses mœurs. Ils ne proposent pas une confortable doctrine à leurs lecteurs, car ils sont eux-mêmes dans l’incertitude de l’Homme. Ils jettent un regard sévère sur l’Homme, car il paraît soumis aux illusions qu’il se forge lui-même et à des apparences trompeuses.
« Les Pensées sont une œuvre posthume de Blaise Pascal, issue de plusieurs papiers retrouvés et rassemblés après sa mort. Le thème principal de cette œuvre est une apologétique c’est-à-dire la défense de la religion chrétienne contre les sceptiques et libres-penseurs.
Le projet apologétique de Pascal était non celui de prouver l’existence de Dieu, car il n’y a pas de certitude de Dieu ; mais plutôt de démontrer que l’homme, dans son amas de concupiscence, ne peut trouver la paix intérieure et le véritable bonheur qu’en acceptant que Dieu lui vienne en aide par le biais de la grâce. C’est le pari de Pascal : gager la vie misérable que mène l’homme, certaine mais finie, et parier sur Dieu, incertain, mais infini » in Les Pensées de Pascal, in http://fr.wikipedia.org/wiki/Pensées.
« Qui ne connaît pas la page sur le divertissement ? La conception qu’en avait Pascal et les lignes qu’il écrivit à son sujet témoignent d’une telle originalité qu’il est devenu courant d’ajouter, lorsqu’on veut parler du divertissement tel qu’il l’entendait, la remarque : « au sens pascalien du terme » !
La littérature morale et religieuse évoquait le bon ou le mauvais usage des divertissements, autrement dit des plaisirs mondains, mais non du divertissement qui consiste pour l’homme dans le fait de se détourner (sens étymologique) d’un ennui quasi existentiel, de la pensée de sa condition. À ce thème entièrement neuf, Pascal consacra une liasse entière dans la partie de l’Apologie consacrée à l’étude de l’homme : il s’agissait là d’un exemple particulièrement significatif des « contrariétés » de la nature humaine. »
C. Puzin, Littérature - textes et documents, XVIIe siècle (coll. H. Mitterrand, Nathan, page 153) in http://www.etudes-litteraires.com/pascal.php.
« L’armée de Louis XIV : les futurs officiers commencent par acheter une charge d’enseigne (ou cornette pour la cavalerie). Ils pourront par la suite acheter une charge, de capitaine, de colonel, mais il leur faudra obtenir l’agrément du roi » in http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_de_Louis_XIV.

Préparation

Qui parle ?
Pascal, moraliste, Grand Siècle (XVII). Penseur, rhéteur, théologien. Pensées de Pascal tendent à démontrer que la grâce divine seule permet à l’homme de connaître la paix intérieure, le bonheur relatif. Oppose la rigueur de la pensée janséniste à la vie dissolue . Moraliste : ni former les mœurs ni les purifier mais observer les règles de la vie sociale et poser une mise en garde : se méfier de l’Homme, de son langage, de sa pensée, de ses mœurs. Le moraliste enseigne à conduire sa vie, ses actions.
À qui ?
À ses contemporains, époque du Grand Siècle donc (Racine, La Fontaine, règne de Louis XIV).
Comment ?
Amplification (gradation dans l’énumération) prolonge l’attente du lecteur (captatio benevolentiæ).
Distinction entre la « cause » et les « raisons » (« après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs, j’ai voulu en découvrir la raison ») : progression du raisonnement par la préposition « après » marquant l’antériorité de la recherche
« …la royauté est le plus beau poste du monde » Exemple de la royauté : le Roi est le symbole de la vanité, la cour celle des plaisirs mondains. En même temps, solitude, pouvoir, exercice du pouvoir et ses impératifs
De quoi ?
De la frénésie à poser le divertissement, voire le mouvement. En donnant des exemples de ces formes de divertissement.
Pourquoi ?
Donne l’exemple de ce qui est fait pour en décortiquer la cause. En donnant la cause, permet de démontrer en quoi ce comportement est inadapté. Apporte un démenti à ce que pensait l’homme, en analysant ses gestes, ses faits. En sous-entendu, indique comment se comporter.

Commentaire

Introduction

[Présentation] Pascal rédige ses Pensées à la fin de sa vie ; ce sont des centaines de petites notes manuscrites qui devaient lui servir à écrire une Apologie du christianisme, que la maladie et la mort l’empêcheront d’achever. Influencé par la doctrine janséniste, qui présente une vision très pessimiste de l’homme après sa chute du paradis originel, et qui véhicule une morale extrêmement austère, Pascal cherche à convaincre les incroyants (et les jésuites !) que Dieu est la seule chose importante à l’homme, la seule condition à notre bonheur. Dans la préface des Pensées, son neveu Etienne Perrier explique le dessein de cette œuvre : faire connaître à l’Homme son « état de misère ».

Dans cet extrait du 139e fragment, appartenant à la section "Divertissement" des Pensées, et à la liasse « Misère de l’Homme sans Dieu », Pascal analyse le divertissement dont les hommes ont besoin pour oublier la misère de leur condition. En effet, au lieu de comprendre que notre misère vient du péché originel, et de nous consacrer à notre salut religieux, nous fuyons la triste vérité de notre condition dans les occupations les plus diverses. Pascal cherche ainsi à nous montrer, à travers ces plaisirs illusoires qui nous détournent de notre nature misérable, que l’Homme ne peut accéder au bonheur.

[Montaigne avait déjà abordé dans ses Essais, au siècle précédent, le même thème, dans un chapitre qui traitait de la diversion ; les deux mots ont une étymologie commune (diverterer : détourner de, distraire), mais pour Montaigne, la diversion est une notion plutôt positive, qui permet d’éviter à l’homme des souffrances, tandis que le divertissement pascalien est très négatif].

[Problématique] Comment le philosophe parvient-il à nous convaincre que l’Homme ne peut être heureux, même en se divertissant ?
[Plan] Nous étudierons dans un premier temps la manière dont le philosophe construit une argumentation rigoureuse visant à dénoncer les divertissements, avant de montrer que, pour Pascal, l’homme ne peut accéder au bonheur, en raison de sa condition misérable.

I Une argumentation rigoureuse dénonçant les divertissements humains

A La rigueur du mathématicien

Le texte est construit selon une double logique, déductive (généralité sur les hommes dans les deux premiers paragraphes), puis inductive (l’exemple du roi), puis de nouveau déductive (le texte repart vers les hommes).
Ce fragment se présente comme le compte-rendu d’un cheminement intellectuel personnel (« Quand je m’y suis mis quelquefois à considérer », « Mais quand j’ai pensé de plus près »), que le lecteur peut suivre grâce aux indices de temps qui indiquent la progression du raisonnement : « Quand je m’y suis mis… J’ai découvert… Mais quand j’ai pensé de plus près… »
Pascal se pose en observateur des conduites humaines. L’observation et la description de ces activités humaines débouchent sur la mise au jour de la thèse de l’auteur, exprimée au présent de vérité générale : « j’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre ». Il justifie ainsi de la cause du malheur des hommes, avant d’en expliquer la raison : « qui consiste dans le malheur naturel de notre condition ».

B L’exemple du roi

Pour illustrer son argumentation, Pascal use de l’exemple du roi, d’abord présenté de manière très méliorative, par l’emploi du superlatif, comme « le plus beau poste du monde ». Mais il s’agit bien sûr d’un point de vue ironique, Pascal faisant semblant de rattacher cette condition à la possession des biens. Il formule ainsi rapidement l’hypothèse que même un roi, s’il demeure sans divertissement, sera malheureux : « s’il est sans divertissement (…) il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent ». Le futur de certitude, accompagné du complément circonstanciel de manière « par nécessité », marquent bien la rigueur déductive du propos. On relève ici un registre tragique, lié à la mort et à l’inéluctabilité des choses : « nécessité… menacent… révoltes… la mort… des maladies… inévitables. »
Ainsi, ce paragraphe nous présente d’abord le roi comme le plus heureux des hommes, avant d’inverser radicalement le propos : « s’il est sans ce qu’on appelle divertissement, le voilà malheureux, et le plus malheureux que le moindre de ses sujets, qui joue et se divertit. » : le chiasme entre malheur et divertissement montre bien que ce dernier est la seule issue au malheur commun.

C Les effets de cette vérité sur les hommes

L’exemple du roi va permettre à l’auteur d’élargir sa réflexion à l’homme en général. L’anaphore « De là vient que », répétée 4 fois dans la fin du texte, permet alors de passer en revue les exemples les plus variés pour montrer qu’une même raison est à l’origine de toutes les activités humaines, ludiques ou plus sérieuses ; ces activités sont énumérées et toutes mises sur le même plan : « le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois » ou encore « le lièvre qu’on court » (la chasse). Elles visent toutes à nous détourner de la pensée de notre condition.
[Transition] En effet, toutes ces activités, qui devraient faire notre bonheur, ne sont en réalité qu’une façon de nous plonger dans le chaos pour nous détourner de notre condition misérable.

II La recherche du chaos, ou le bonheur impossible pour l’homme misérable

A La recherche du chaos par nos activités

Toutes nos activités sont vaines et chaotiques ; en effet, si Pascal a montré que toutes ces occupations, heureuses ou malheureuses, relèvent d’une cause commune, il insiste aussi sur l’aspect chaotique que prennent les agitations humaines. Ainsi, dans le premier paragraphe, Pascal énumère les troubles divers qui agitent les hommes, en usant de plusieurs procédés d’insistance : période (longue phrase), polysyndète (« les diverses agitations des hommes et les périls et les peines »), parallélisme syntaxique (« dans la cour, dans la guerre »), ou encore adverbe d’intensité (« tant de ») repris dans un rythme ternaire (« tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies… »).
Le lexique est celui du désordre, extérieur (« agitation ») et intérieur (« passions »), mais aussi du danger : « périls… peines… (ils) s’exposent… (la) guerre… (des) entreprises hardies… », et enfin du mal : « querelles… entreprises […] mauvaises… malheur… ». Ces termes fonctionnent en antithèse avec ceux du repos, même si ce repos est présenté comme impossible.

B Le bonheur impossible, ou le paradoxe du divertissement

Non seulement le comportement des hommes paraît ainsi désordonné, mais Pascal montre combien il est paradoxal. Le premier paradoxe est bien que l’homme ne sait « demeurer en repos dans une chambre », pourtant lieu du repos par excellence. Et d’autres paradoxes alors, en découlent : les buts que se donnent les hommes ne sont que des prétextes, il ne s’agit pas en fait de s’adonner à une activité, mais de fuir l’ennui. Le succès de notre activité importe peu, puisque le but véritable est d’échapper à la pensée de la mort, comme le prouvent les formules négatives « ce n’est pas qu’il y ait en effet du bonheur ; ni qu’on s’imagine que la vraie béatitude soit d’avoir l’argent qu’on peut gagner au jeu, ou dans le lièvre qu’on court : on n’en voudrait pas s’il était offert ». Les termes mélioratifs comme « bonheur » ou « béatitude » sont à la forme négative : les satisfactions obtenues sont donc elles aussi factices.
Les hommes ne recherchent donc pas les biens pour eux-mêmes, mais pour la distraction que leur quête leur procure. Avec un nouveau paradoxe : les hommes ne cherchent pas réellement ce qu’ils semblent désirer. Pascal le formule brutalement, au présent de vérité générale, à la fin du 4e paragraphe : l’homme recherche « le tracas qui nous détourne d’y penser et nous divertit ». Celui qui désire la paix mais est incapable de la trouver sans sombrer dans l’ennui, ne peut ainsi la chercher, paradoxalement, qu’à travers son contraire : le tracas et l’agitation. Si bien que même les termes relevant du champ lexical du repos (« mol et paisible » par exemple) se chargent d’une connotation négative, celle de l’ennui, tandis que ceux qui relèvent de l’agitation sont plus positifs (« le tracas (…) nous divertit »). Le paradoxe, finalement, serait que la paix trouble les hommes, quand le trouble au contraire les apaise.

Ainsi, le constat initial est bien celui du chaos et du malheur de l’homme. Pascal suggère ici que si les hommes se livrent à des occupations si vaines et si désordonnées, qui vont parfois contre leur propre intérêt, c’est qu’ils sont au fond d’eux-mêmes troublés et inquiets : ils cherchent à fuir quelque chose, en l’occurrence eux-mêmes, et la misère de leur condition.

C Une vision très pessimiste de l’homme

C’est en effet une vision très pessimiste de l’homme, influencée en partie par ses conceptions jansénistes, qui sert de point de départ à la méditation de Pascal. Notre condition est ainsi présentée dans le deuxième paragraphe comme « faible et mortelle, et si misérable que rien ne peut nous consoler ». Se relève dans cette courte description un registre pathétique, à travers les trois adjectifs épithètes coordonnés qualifiant notre condition. Ces adjectifs suivent un crescendo rythmique (« faible » 1 syllabe – « mortelle » 2 syll – « misérable » 3 syll) qui met en valeur le dernier d’entre eux, d’autant qu’il est accentué par l’adverbe d’intensité « si ». Ce terme rappelle le titre de la section des Pensées dans laquelle se trouve ce texte : « Misère de l’homme sans Dieu ».
Pascal mentionne plus loin « notre malheureuse condition » (4e paragraphe), et ce terme « malheur » revient à plusieurs reprises dans le texte : « malheur des hommes », « malheur naturel », « malheureux s’il y pense ». Mais si ce lexique du malheur semble fonctionner en antithèse avec celui du bonheur, nous avons vu précédemment qu’il n’en est rien, ce bonheur étant en réalité présenté comme factice.
Ainsi, le divertissement n’apporte à l’homme aucun bonheur possible, il ne peut que nous distraire de notre malheur. Il ne remédie pas à notre condition misérable mais se contente de la cacher.

Conclusion

Le philosophe nous a ainsi montré, par un raisonnement rigoureux, que l’Homme ne peut accéder au bonheur, du fait de sa misère naturelle. Seule la grâce divine peut le rendre heureux.


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