Notre société française aime les traditions, cultive tout particulièrement les traditions culinaires. "Les bons plats à la française", "La cuisine française", sous-titrent nombre de restaurants à Paris comme ailleurs.

Que sont ces plats ? "blanquette de veau", "rôti de veau, "gigot d’agneau", "pavé de boeuf", "côtes de porc", "steack tartare". La liste est longue. Que voyez-vous, qu’imaginez-vous à l’évocation de ces menus ? Sentez-vous la bonne saveur de la viande en sauce ? Crème, vin, épice, herbes, thym peut-être ?

Mais vous êtes vous jamais demandé, honnêtement, ce qui se cache derrière ces "bons petits plats" ?

Comme vous, j’ai fait partie de ceux qu’un rôti de veau, bien cuit, à l’heure de midi, amenait à table sans rechigner : oignons grillés, petites pommes de terre, de ceux qui apprécient sans arrière-pensée les fameuses saucisses-frites si simples, si rustiques, si vacancières. J’ai été élevée dans un environnement traditionnel qui faisait mijoter cette cuisine. A tel point qu’ont été présentés devant moi les plats les plus étranges qui soient (mais déjà à l’époque répoussants) et à côté desquels le menu servi à Indiana Jones dans "Le temple maudit" ne paraît ni si exotique, ni si barbare : pied de porc, foi, cervelle, chevreuil.

Bizarrement, je n’associais pas cette nourriture à l’animal qu’elle était. Ce n’était que des aliments. Même, aller dans une boucherie me laissait indifférente. Le sang, les couteaux, les restes. Tout semblait normal. Pourquoi ne pas associer la nourriture et l’animal alors même que les boucheries pouvaient (peuvent) présenter les corps dépecés, quasi-entiers parfois, des bêtes qu’elles vendent ? Par peur du lien sans doute, garder l’esprit tranquille, formaté par les "la viande c’est bon pour la santé", "la viande, c’est bon" (tout court). Comment faire autrement, jeune, inconsciente ou plutôt insouciante, ce qui apparaîtra moins comme une excuse et environnée de viandes normalisées.

Au lycée, quelques vagues réflexions entendues par-ci par-là ne suffisent pas à me tirer de cette habitude alimentaire. Ce n’est seulement qu’en discutant avec certaines personnes, puis en cherchant ensuite moi-même sur Internet des éléments que j’ai été sensibilisée à ce problème. C’est à dire, voir vraiment ce qu’il y a dans toutes ces assiettes. Des animaux morts, en quantité et en perte, pour nous nourrir , nous, êtres jamais rassasiés qui bien souvent ne finissons pas nos assiettes. Des animaux morts, sans défense, ayant vécu pour répondre à nos besoins.

L’argument le plus fréquent à ce point de la discussion est alors : "mais chaque animal de cette planète est le prédateur d’un autre animal", "c’est la nature", "il faut bien se nourrir". Certes, beaucoup d’animaux tuent pour se nourrir. Mais ils ne tuent que dans l’extrême limite de leur besoin. L’humain, lui, tue à échelle industrielle, sans mesure et sans recul. Par ailleurs, l’humain se prévaut d’être une espèce évoluée dans une des caractéristiques premières ets la possibilité du choix. Or l’humain n’est pas classé parmi les carnivores, jusqu’à preuve du contraire, l’humain reste omnivore.

Ces animaux ne sont pas seulement morts pour nos appétits carnassiers, ils sont morts dans la peur et la souffrance. Allez donc vous renseigner sur les conditions de vie des poules et poulets élevés en batterie, sur le gavage de l’oie (vous savez, celui qui permet d’obtenir ce mets si goûteux et si cher, le foi gras), sur la façon dont meurent les vaches dans les abattoirs, sur le transport du bétail et bien d’autres.

Manger ou ne pas manger de viande : la réponse réside dans une simple prise de conscience. Vous aimez la viande ? Avec cette conscience-là, vous saurez vous en passer.


N.B. Remarquez comment les publicités de quick font pourtant aujourd’hui le lien direct entre leur hamburger et la viande qui s’y trouve. Seulement, les rôles sont un peu chamboulés : le cochon est joyeux, le boeuf est heureux...

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Auteur : Claire Mélanie
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