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LotusFlow3r (3CDs) : revue éclairée de la dernière livraison de Prince

vendredi 5 juin 2009, par Jamie Nevermind impression

Mots-clefs :: Musique ::


Comme présumé dans le dernier article qui évoquait ici les expérimentations éditoriales de l’artiste à nouveau connu sous le nom de Prince, la nouvelle cuvée de sa majesté présente son lot de nouveautés.

Coffret de trois disques distribué exclusivement aux Etats-Unis dans les magasins de la chaine Target pour le prix de 12 dollars (soit 4$ par album, qui dit mieux ?), ce dernier projet s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires depuis sa sortie en mars dernier.

Le premier disque du coffret n’est pas, à proprement parler, un album de Prince mais celui de sa « protégée » du moment, la voluptueuse Bria Valente.
Soyons honnêtes ce disque est loin d’être indispensable. Compilation de morceaux soul/pop/dance-floor écrits, composés et arrangés par son « sugar-daddy », Elixer n’est pas aussi intéressant que le reste du coffret mais n’en demeure pas moins un bon album R&B, largement au dessus des productions actuelles de ce genre.
La demoiselle compense par des attitudes sexy et des textes licencieux son absence de voix. Non sans humour, Bria Valente a déclaré récemment avoir voulu faire de la très bonne musique d’ascenseur. Mission accomplie.

LotusFlower, album attribué à Prince, est un disque relativement conceptuel à dominance rock basé sur la guitare. Celui-ci s’ouvre par un morceau instrumental de deux minutes 50, From the lotus..., qui se fond avec le premier morceau chanté, Boom. Chez cet artiste connu pour multiplier les pistes comme d’autres les poissons et le vin, les sonorités très brutes de ces pistes surprennent.

L’ensemble constitue une très bonne introduction au voyage mystique et guitaristique que constitue Lotusflow3r.
Suit une reprise des Shondells, Crimson & Clover, à laquelle prince a ajouté quelques paroles de Hendrix. A l’écoute de ce morceau il est presque impossible d’y voir une reprise tant prince se l’approprie.

De prime abord, 4ever (forever), la chanson suivante, a l’air un peu fade en comparaison mais sa légèreté et sa naïveté sont salvatrice après 3 morceaux plutôt intenses. Les plus érudits y entendront une référence au final de Rainbow Children (2001). Le morceau se conclue par un solo de guitare inspiré qui contraste judicieusement avec l’ambiance lunaire du morceau suivant.

Ce dernier commence comme un blues. La voix semble parvenir d’un fond sous-marin ou d’une lointaine galaxie. Ce morceau, très simple en terme de structure, est sans doute le meilleur composé depuis plus de 15 ans par l’artiste. La guitare est omniprésente, brillamment secondée par la basse et la batterie et les textes sont très engagés. Les forums de fans n’en reviennent toujours pas.

Par un effet de mix très réussi Colonized Mind se fond dans le premier morceau funk de l’album.Version finale d’une demo livrée en pâture aux fans sur son site en 2004, Feel Better, Feel Good, Feel Wonderful, prouve que le surnom de « Master of funk » de sa majesté est tout sauf usurpé.

Love Like Jazz est une comptine légère aux accents de bossa-nova ponctuée de solos de guitare facétieux qui se fond dans un morceau jazz fusion relativement énigmatique.

S’ensuit ce qui est la curiosité du disque : 77 Beverley Park, qui commence comme un délire instrumental heavy-rock avant de s’élever vers une mélodie légère à la guitare acoustique rappelant le folklore italien.

Après ce moment de détente Wall of Berlin constitue un retour aux choses sérieuses. Aidé de vieux comparses Sonny Thompson et Michael Bland, l’artiste lâche les chevaux dans un long jam frénétique qui reprend l’esprit de la majorité du disque. La basse discrète mais impeccable de Sonny T, la batterie flamboyante de Michael B font des merveilles et prince déploie ici tout son talent de guitariste.

$ est un titre qui se situe entre le funk et le rockabily. Un morceau joyeux qui donne la part belle au saxophone de Maceo Parker et à l’esprit facétieux du "Master".

Dreamer, un titre à l’esprit hendixien vient amorcer la conclusion de l’album. Cette chanson nerveuse et engagée est peut-être le meilleur morceau rock de la déjà longue carrière de Prince. Aux accents très seventies, Dreamer permet une nouvelle fois à prince de faire étalage de ses talents de soliste.

Enfin, ...Back to the Lotus vient mettre un point final, sous forme de jazz-rock virtuose, à cette épopée.

Inspiré et brillant Prince livre ici ce qui est sans aucun doute son meilleur album, le plus équilibré et complet, depuis le très abouti Rainbow Children de 2001.

MPLSound (Minneapolis Sound, du nom du mouvement musical fondé par Prince et ses acolytes dans les années quatre-vingt) se situe à plus d’un titre aux antipodes de Lotusflow3r.
Exit ici les véritables instruments (batterie, basse) au profit de son synthétiques, claviers et boites à rythme en tout genre ou surnagent quelques solos de guitare et quelques nappes de chordes.

Des interview récentes laissaient entendre qu’il avait ressorti sa lynn-drum et s’adonnaient dorénavant à la création assistée par ordinateur et pro-tools.
_ Le résultat de ces expérimentations est donc publié ici sous le titre nostalgique de MPLSound.

En effet, certains morceaux sonnent comme des trésors exhumés de l’époque de Dirty Mind (1980) ou 1999 (1983). L’ensemble est très synthétique et digital. La voix de prince est souvent pitchée (pensez à Cher époque "When You Believe" sans le coté cache-misère).

Cet album est extrêmement joyeux et entrainant. Ceux qui préfèrent le coté "R&B" du maitre seront ravis. A l’image des musique, les textes sont aussi beaucoup plus légers que sur lotusflw3r.

Certain morceaux sortent du lot. On retiendra particulièrement Chocolate Box, duo avec le rapeur Q-Tip, Valentina, une balade électronique dédié à son amie Salma Hayek sous forme de lettre à sa petite fille et Better with time, une déclaration d’amour nostalgique à l’actrice Christine Scott-Thomas (avec qui prince a partagé l’affiche du film/navet Under the Cherry Moon en 1986).

Tour à tour mielleux, comique, joyeux et sarcastique, Prince égraine donc ici ses multiples facettes dans un ensemble curieusement cohérent et structuré. Ne nous y trompons pas ce disque n’atteint pas le génie de LotusFlower mais reste très agréable et récréatif. Il offre même quelques grands morceaux de bravoure tel Old Skool Company, hymne funk, tube instantané déjà plébiscité par les fans de l’artiste.

Le bonheur des-dits fans ne serait pas complet sans un site internet. là encore 2009 est une cuvée intéressante. Lancé en février dernier, Lotusflow3r.com est un portail payant au design ultra-kitch (étonnant, non ?) permettant d’accéder à des heures de vidéos inédites, aux nouveaux albums (au format wav ou mp3), à des places de concert aux meilleurs tarifs, ainsi que, dans un futur proche, à des compilations de titres inédits tirés du coffre secret du prolifique nabot (plus d’une centaine de titres inédits des années 80 à 2000 ont été répertoriés et remasterisés récemment selon le webmaster du site). Seul le prix peu attractif -77 $ pour un abonnement annuel- font de ce site une gourmandise réservée exclusivement aux fans les plus motivés et les moins touchés par la crise.


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