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Les oubliées de Juarez

dimanche 29 avril 2007, par Claire Mélanie impression

Mots-clefs :: Cinéma ::

Un film engagé


Le film Les oubliées de Juarez a été mal noté par la presse et à voir le peu de critiques spectateurs à son sujet sur allociné, il y a de fortes chances qu’il ait été au final délaissé par les spectateurs. Pourtant... Pourtant on emmène des classes entières voir Beaumarchais L’insolent, voir Germinal, voir Le Colonel Chabert, voir les derniers films sur Molière et sur La Fontaine.

Evidemment, le film est trop violent pour emmener impunément des classes le voir. Il est violent parce qu’il est tiré de faits réels, nous ne sommes pas dans la fiction d’horreur où l’hémoglobine coule à flot, où Satan est de retour pour faire déferler sur Terre les Monstres des Enfers. Non, il y a certes un "el diablo", mais ce "diablo" est bien humain, l’horreur est ici et elle est d’autant plus forte qu’elle est tue.

Pourquoi ne pas emmener, si ce n’est le temps limité pour boucler le programme d’histoire-géographie, des terminales voir ce film ? Dénonciation politique, sociale, humaine, contre certains accords internationaux de libre-échange (l’ALENA en l’occurrence), contre les petits accords de personnes qui ne regardent que le profit et qui recherchent un pouvoir finalement bien relatif (voir le traitement encore une fois politique et critique des sphères de pouvoir dans Shooter tireur d’élite - en passant outre l’aspect "explosion-action" du film), contre la perversité humaine et cette tendance encore et toujours répétée à dominer, asservir, tuer.

Même sur un plan cinématographique, en dehors de la dénonciation, le film n’a pas l’apparence d’un film lisse, hollywoodien, car on le lui a reproché, cet aspect hollywoodien, on lui a même reproché ses images d’une violence insupportable... Mais cette violence est le coeur même du sujet. Certes, les partis-pris des images est parfois surprenant, bougés, gros plans, effet d’images incrustées en transparence pour montrer le cheminement des personnages. Certes, la musique tire vers le dramatique, le pathétique, mais pouvait-il en être autrement ? Sans musique, le rendu aurait été plus fort, mais le film aurait-il pu sortir en salle ? Certes, on s’interroge parfois sur la justesse du jeu de J. Lopez et de Banderas. Mais au final, et même peut-être grâce à ses défauts, le film garde une rudesse, quelque chose d’abrupte qui sert le sujet plutôt qu’il ne le désert.

Oui, un des "méchants" est tué, mais cette mort reste plus symbolique qu’autre chose, car les cyniques chefs d’entreprises, les peu regardant sénateurs demeurent. Et les meurtres continuent. La structure du film le montre bien : la mort d’un des criminels n’a rien résolu. Ce pied ensanglanté qui sort de terre, malgré tout, à la fin, n’en est qu’un des signes.


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