On ne peut pas dire que je regarde le sport à la télé ou émission sportive d’ailleurs, certains phénomènes auraient donc tendance à m’échapper.
On a beaucoup parlé des conditions des femmes ces derniers temps, journée de la femme oblige (passons sur le fait que si cette journée a peut être une dimension symbolique intéressante, cela ne lui ôte pas son caractère ridiculement discriminant, femme toi cet être faible), on a dit que nos sociétés occidentales avaient évolué, oui, voyez-vous les hommes font beaucoup plus la vaisselle aujourd’hui, et le repassage aussi. Merci à eux.

Pourtant, nos sociétés occidentales ne me semblent pas si changées que ça. Alors oui, avant d’en venir à ce qui me fait écrire ce billet aujourd’hui, je ne vous épargnerai pas le poncif (combien vrai pourtant) de la marchandisation de la femme dans la publicité. La femme objet, c’est loin d’être révolu (femme en maillot de bain et présentation de voiture dans les salons d’automobile entre autres). Sans évoquer toutes ces femmes quasi-nues (ou nues d’ailleurs mais c’est incroyable ce que peuvent cacher un bras et une main) pour vendre un yaourt ou des sous-vêtements. Vous allez me dire, mais c’est normal de montrer une femme en sous-vêtements pour vendre des sous-vêtements. Certes, mais là on touche alors à la publicité elle-même, voir s’afficher ainsi à tous les abris-bus des femmes dénudées, certains diront que c’est une façon d’affirmer que la femme est libérée, elle peut se montrer, elle est libre de sa sexualité, on pourrait aussi dire qu’on l’expose et lui impose par là-même le devoir, l’obligation, d’être objet de désir.

Mais revenons à l’origine de ce billet, "le sport, la femme et le champion". Le sport, allez disons-le, a toujours eu un côté un petit peu macho, beaucoup de disciplines étant réservées d’abord aux hommes, tout simplement parfois parce que "ça ne se faisait pas pour une femme" de pratiquer telle ou telle activité. Passons.
Quelle surprise cependant de voir véhiculer sur un site comme celui de Libération une image d’un vainqueur embrassé par deux femmes sur chaque joue simultanément dans le but d’illustrer la rubrique "le sport jour après jour" (en page d’accueil c’est tout en bas du site).

Image extraite du site Libération.fr

Je pensais au début qu’il s’agissait d’une photo du jour, ce qui aurait déjà montré comment le sport traite encore de façon ridicule la femme (la femme comme récompense - certes c’est pour le show mais ce show est discriminant) mais pas du tout car point de cette photo quand j’ai déroulé le diaporama.
Que veut faire Libération en utilisant cette illustration ? Attirer les hommes limités en suggérant "cliquez sur la rubrique sport vous y verrez de jolies filles" ?

Toujours est-il que cette image m’a étrangement rappelé le comportement que les films ou documentaires montrent des mafieux ou des chefs de gang (les films ou docu hein parce que je n’en connais pas en vrai). La femme c’est la pouf qu’on appelle bébé, qui est là pour distraire la galerie (oui ça occupe de lui mettre une petite tape sur les fesses) mais qui a plutôt intérêt à obéir.

Certains, bienveillants, me répondront : "pourquoi tout ce discours ? Il ne s’agit que des deux soeurs du champion"...

Mais vous en voyez beaucoup, vous, des championnes embrassées par deux hommes ? Serait-ce à dire qu’elles n’ont pas de frère ?


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Auteur : Claire Mélanie
Voici un espace d'expression plus personnelle. Vous y trouverez quelques textes, quelques photos, des impressions. Des instantanés, des atmosphères, des humeurs, des remarques, le tout sans restriction d'objet : d'un film à la poste, d'un jeu vidéo à la feuille déchue. Bonne lecture !
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