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Le Rouge et le Noir : un enchantement pour les oreilles

samedi 14 juin 2014, par Iymen B. impression

Mots-clefs :: La Revue du 24 :: Littérature :: Musique :: Poésie ::

Arthur H et Nicolas Repac se sont produits sur la scène du centre culturel 104 à Paris les 20 et 21 mai derniers. Une voix reposait sur une musique enchanteresse, nous emportant d’un tréfonds du monde à un autre, au fil des auteurs et au gré des poèmes issus des albums l’Or d’Eros et l’Or noir.


L’Or noir ou les mondes contés

Nous avons été emportés par une voix chaleureuse vers des contrées lointaines, reposant sur des instruments aussi agréables qu’exotiques. Les sons qui en ressortaient rebondissaient sur les mots déployés avec une grâce certaine. La poésie contée prenait vie, nous emmenait vers des sentiers jusque là inconnus… une transmission d’images et de sensations. Des sonorités qui vivifiaient l’esprit et les sens.

Il suffisait de fermer les yeux et se laisser glisser entre les mots énoncés. La chaleur de la voix d’Arthur H donnait des frissons, et la musique comblait ces sensations avec délice. Les quelques notes nous transportaient au-delà de nos frontières, vers l’univers d’Aimée Césaire, sous un soleil de plomb. Mais également les univers riches d’Edouard Glissant ou encore James Noël. Cette animation de la poésie est un superbe hommage aux venus d’ailleurs, elle nous laisse voguer sur les rives du poétique et du sensiblement artistique. Un honneur rendu aux plus grands poètes qui nous ont précédés. Cela n’aurait pu être plus beau cadeau que de sentir ces mots nous effleurer. Il suffisait de se laisser submerger.

« A force de regarder les arbres je suis devenu un arbre et mes longs pieds d’arbre ont creusé dans le sol de larges sacs à venin de hautes villes d’ossements,
à force de penser au Congo,
je suis devenu un Congo bruissant de forêts et de fleuves,
où le fouet claque comme un grand étendard,
l’étendard du prophète,
où l’eau fait likouala-likouala
 »

Aimée Césaire, extrait, Cahier d’un retour au pays natal, 1939

De la poésie chic et érotique

Il serait mal venu de réduire la prestation d’Arthur H et Nicolas Repac au seul slam de poèmes érotiques mis en musique. Par ailleurs, les poètes ne sont pas seulement de sages individus écrivant de jolies phrases qui s’accordent. Ce sont des infinités d’univers qui se mêlent et s’entremêlent, des individus qui content leur ressentis d’une manière originale. La poésie, ce n’est pas (seulement) le romantisme bohème et la légèreté de l’esprit, ou tel Jean de la Fontaine, une promptitude à la sagesse. C’est aussi des hommes – curieusement rarement des femmes – qui écrivent et ressentent la sexualité, le plaisir charnel seul, et le décrive d’une manière crue et presque vulgaire.

L’entracte laisse ainsi place à un fauteuil rouge et à un Arthur H habillé de la même couleur, tout en sensualité. Cela donnait déjà le ton pour ce qui allait suivre. Des poésies aussi vulgaires que divinement produites. Les deux artistes ne se sont pas départis de leur fièvre passionnelle avec cette atmosphère particulière qu’ils ont su créer et manier...

Cette vulgarité est néanmoins poétiquement positive, c’est mettre au grand jour des écrits souvent méconnus du public. Une agréable découverte des textes de James Joyce par exemple, qu’on ne savait pas si épris par la saveur sexuelle au point d’en écrire des lettres à sa charmante Nora. La perversité ne les rend pas pour autant incroyablement populaires, frôlant le pornographique sonore parfois. Mais tout se marie bien avec des intonations excentriques singulières.

On n’est pas ici dans une flatterie d’ego surdimensionné d’illustres auteurs, non, on est dans une réelle appropriation et interprétation de ces écrits divers. C’est un souffle de vie qui est donné à ces poèmes à travers une voix emplie de chaleur et des sons magnifiant le tout. Tout est à la fois subtil et brutal, doux par la voix mais abrupt par les mots. En résulte un paradoxe fascinant.

On ne peut être mieux imprégné de la poésie qu’à travers ces albums que vous pouvez trouver en téléchargement sur Itunes (L’Or noir et l’Or d’Eros). Une belle manière de faire découvrir cet art du mot toujours à transmettre de nouveau.

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