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La nuit européenne des Musées 2014 : une aventure d’un jour

jeudi 5 juin 2014, par Iymen B., Laëtitia T. impression

Mots-clefs :: arts visuels :: La Revue du 24 ::

La 10ème édition de la nuit européenne des Musées avait lieu partout en Europe ce 17 mai. Dans la capitale française, le temps était au beau fixe pour découvrir des expositions diverses.
Ne vous fiez pas à l’intitulé, l’évènement ne démarrait pas en soirée mais certains établissement participants étaient accessibles dès 10h… du matin ! Ainsi, à partir de 14h, nous arpentions les parvis parisiens à la découverte des musées et instituts étrangers pour privilégier ces endroits atypiques et aussi riches que les plus prisés.


Le musée Cognacq-Jay, une ode aux anciens

Ce musée, au nom de prime abord presque rebutant mais pourtant justifié, est celui d’Ernest Cognacq dont la philanthropie a servi à la ville de Paris de bien des manières, notamment l’ouverture d’hôpitaux, des hospices et de crèches. Mais il est surtout connu pour ce musée regroupant des tableaux d’un art raffiné, celui du XVIIIème siècle. On plonge ainsi, à travers les dédales des pièces qui se succèdent, au cœur d’un Paris victorien somptueux.

Et à l’occasion de la nuit européenne des musées, le musée a mis en place un DJ dans la cour, animant ainsi les entrées et les sorties du lieu. Ainsi, dès 14h, l’ambiance était lancée avec le collectif DJ Cheapsters et des collations. Cet événement réunissait toute la jeunesse, semble-t-il, des arrondissements bobos aux alentours. L’idée était certainement plaisante, mais ce n’est pas pour autant que nous avons retrouvé une bousculade de jeunes adultes aux portillons du musée pour admirer les belles œuvres cueillies avec soin par le fondateur du lieu. Ce qui est bien dommage.

Musée Carnavalet, sur les traces de l’évolution de Paris

S’emparer du quartier du Marais est une excellente opportunité de découvrir l’Histoire de la capitale au Musée Carnavalet. On y découvre des miniatures de la ville d’antan et son évolution. La salle dédiée à la révolution est un lieu touchant où l’on peut voir la toile du célèbre serment du jeu de paume ou encore la peinture de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Des œuvres poignantes qui permettent de s’imprégner du passé de notre contrée.


Pantoufles ayant appartenu à Marie-Antoinette.


Une miniature de la Bastille.


Le cabinet Colbert.


Mobilier du Duc et de la Duchesse de Gaëte.

Musée des arts et Métiers : des activités pour tous

Pour l’événement, le musée d’art et métier proposait diverses activités. Nous pouvions aller sur les traces de la première police scientifique à travers les innovations d’Alphonse Bertillon, grand criminologue. Une conférence permettait de mettre en exergue la manière dont les criminels étaient fichés par des clichés et autres nouvelles techniques dès la fin du XIXème siècle.

Des jeux de pistes étaient aussi organisés pour établir une enquête de manière ludique. D’autre part, deux sessions de light painting étaient proposées. On regrette seulement que seules quinze personnes par atelier aient eu cette opportunité en s’inscrivant au préalable. Certes les prêts de matériel étant de rigueur, une foule ne pouvait s’adonner à cet art photographique, néanmoins, une explication théorique aurait pu être mise en place suivie d’une autre plus pratique assez furtive pour que davantage de personnes y participent. Il semblerait dans ce contexte, qu’il faille être un élu remportant son ticket gagnant comme dans Charlie et la Chocolaterie afin d’avoir l’honneur d’obtenir une leçon sur ce phénomène artistique.

Enfin, le musée d’arts et métiers c’est aussi l’occasion de (re)découvrir le pendule de Foucault, et s’extasier devant ce prodige scientifique qui prouve que la terre est en rotation. Pour les novices qui ne cernent pas bien le système, cette vidéo devrait être une explication rigoureuse et efficace.

Centre culturel Suisse : Le Mexique à l’honneur

La capitale permet d’aller à la rencontre d’autres cultures dans les multiples centres culturels voués à différents pays. Celui de la Suisse ouvrait ses portes gratuitement pour la nuit des musées. L’exposition d’Adrien Missika mettait en avant un projet au Mexique. Quelques photographies sous verre présentaient des cactus non similaires. Une autre installation majeure était filmographique. Grâce à un drone, l’artiste a capturé des paysages, entre aridité et mer. La surélévation soudaine avec une vue panoramique sur l’eau nous laissait subjugués devant l’immensité aquatique. Des plans saisissants d’une qualité époustouflante montrant la splendeur des lieux mexicains.

Centre culturel du Mexique : L’institut mexicain où l’Art se marie avec Paris

L’institut nous offrait à découvrir les œuvres d’un seul artiste, Saùl Kaminer, un homme qui laisse libre choix à ses spectateurs d’interpréter son art. Ses œuvres sont particulièrement plurielles, il manie aussi bien la sculpture que la peinture. Mais on retrouve une touche de sa personne, une finesse dans les traits, une certaine grâce dans les gestes qui s’articule dans ce qu’il nous donne à voir. On est ainsi face à un Jésus fait en bout de bois, face à des peintures arrondies, brisant la tradition des rectangles habituels, des ficelles croisées tout au long d’un mur… Ses peintures prennent également la forme d’animaux, tel le renard avec une parcelle de fourrure. La forme plastique (la fourrure en l’occurrence) s’intègre et se mélange au prototype. La disposition des sculptures aux formes diverses et parfois colorées laissent un minimalisme moderne. Les matériaux, acier pour certaines sculptures et couplés à du bois également, sont magnifiquement maitrisés. L’acier est arrondi avec dextérité pour un rendu aux contours fascinants. On retrouve également ces éléments de contours dans ses tableaux peints aux couleurs miroitantes et chaudes.
Enfin l’exposition se termine par un diaporama de photos de l’artiste ainsi que des passages de vidéos le montrant à travailler sa peinture. Exposé ainsi, on découvre sa vie au fil du temps, son passé et ses moments. Une forme de biographique graphique intéressante.

Institut suédois ou un art contemporain raffiné

L’institut respire un air nordique dès le passage du portillon, avec un salon de thé qui ne sert que des mets suédois. Mais ce n’est pas ce qui va interpeller les sens. L’institut suédois fascine surtout à travers sa décomposition. Entre deux œuvres modernes, on passe avec aisance à des tableaux du XVIIIème siècle.

Mais ce qui a le plus interpellé l’attention, ce furent les créations atypiques d’une certaine Helena Hörstedt. Une femme méticuleuse aux créations oscillant entre l’art, l’artisanat et la haute couture.
Une robe en verre cristalline étincelante face à une robe dont l’ombre maléfique semble nous happer. Ce mélange, ce face à face est d’une pureté ambivalente, nous laissant seulement apprécier ce visuel, ce spleen intense. Avec une intensité dans le choix des matériaux et dans le procédé, chaque particule répétée trouve sa juste place. Nous sommes vraiment dans l’ère contemporaine attendue.

Par ailleurs, une autre artiste de grande envergure vient balayer les idées préconçues d’un art uniquement fait de peinture ou de certains matériaux, c’est Malin Lager. Grâce à une idée forte ingénieuse, l’utilisation d’une machine à coudre, l’aiguille prenant la place du pinceau et le fil la couleur. Ce qui donne lieu à une esquisse parfaitement maitrisée, un jeu d’ombre mené avec brio.

On retrouve cette délicatesse artistique dans les œuvres de Mats David Gahrn et Anna Atterling également. Le bol en porcelaine de Jane Reumert respire cette douceur et exhale une forme de délicatesse nébuleuse.


Les robes d’Helena Hörstedt.


Malin Lager, Broderie sur Machine, Skuggor, 1994


Anna Atterling, Couronne, In My Rose Garden [Dans mon jardin de Roses], 2010


Jane Reumert, Bol, Snöuggla, 1996

Rédaction : Iymen B. et Laëtitia T.
Credits Photos : Iymen B.


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