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La fille coupée en deux, Claude Chabrol

mercredi 13 février 2008, par Claire Mélanie impression

Mots-clefs :: Cinéma ::


La fille coupée en deux, le dernier film de Claude Chabrol qui a connu un certain succès cet été, est un film qui laisse grandement sceptique.
L’histoire est tout d’abord particulièrement inintéressante, mais l’on a vu des histoires sans relief sur le papier devenir d’une très grande profondeur une fois filmées. Ici, que nenni.
Le spectateur suit les aventures amoureuses d’un écrivain sexagénaire pervers et celles d’une jeune femme entrain de faire carrière à la télévision. Ils s’aiment, l’un entraînant l’autre dans des jeux pervers qui ne sont jamais montrés, jeux qui n’existent donc que dans l’avant et l’après. Intervient également le troisième pôle du nécessaire triangle amoureux, un jeune bourgeois, agressif, instable et qui s’éprend également de notre dame météo.

Ce qui dérange peut-être le plus, en dehors de l’histoire, c’est le jeu des acteurs ou plutôt l’absence de jeu. S’ennuient-ils dans leur rôle ? Sont-ils mal dirigés ? Beaucoup du cinéma français semble trouver délectation dans ce jeu toujours un peu faux, là où la voix et ses intonations font récitation, récitation qui n’est pas jouée ou plutôt qui est tentée d’être jouée. Les paroles deviennent alors extérieures aux personnages, comment alors comprendre ce qui se déroule à l’écran ?
Et puis, il y a aussi le contenu des répliques : un ensemble de banalités du début à la fin. En substance et pour exemple : "Ah bonjour ! Bonjour ! je me suis arrêtée à tel restaurant... toujours aussi bon" . Le spectateur s’interroge alors : ne faut-il pas lire le film comme une mascarade critique ? C’est du Chabrol après tout et Chabrol n’aime pas forcément la petite bourgeoisie de province. Le caractère ridicule des répliques et du jeu n’est-il pas là pour nourrir la critique de ces milieux d’hypocrisie ( le mari pervers mais qui se prétend moine entre autre) comme la soi-disant écriture ennuyeuse de Flaubert dans l’Education sentimentale pour nous traduire l’ennui et l’échec du personnage principal ?

La difficulté c’est que l’écriture flaubertienne n’est pas du tout ennuyeuse et que l’on se demande en quoi la critique n’aurait pas pu être plus vive par un jeu adapté, dans lequel les personnages auraient eu l’air d’adhérer complètement à leurs inepties.

A noter que le film manque par ailleurs d’originalité esthétique.


- Réalisé par Claude Chabrol
- Avec Ludivine Sagnier, François Berléand, Benoît Magimel
- Film français.
- Genre : Drame
- Durée : 1h 55min.
- Année de production : 2007


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Voici présenté tout ce qui peut passer sur écran, petit ou grand. La séparation des deux, tant sur le plan artistique - scénario, mise en scène, jeu des acteurs - que sur le plan sociétal, s’amoindrit. A raison très certainement. Dans les deux cas, l’abondance des productions offre un choix très varié, de bonnes surprises mais aussi beaucoup de déceptions. Eclairement vous propose alors ses critiques, pour y voir un peu plus clair dans ce paysage cinématographique au sens large.
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