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Ita L. née Goldfeld, une pièce qui résonne

samedi 2 mars 2013, par Claire Mélanie, Jérôme Turner impression

Mots-clefs :: La Revue du 24 :: Théâtre ::

Se joue actuellement au théâtre du petit Saint-Martin, la pièce Ita L. née Goldfeld ; une pièce d’Eric Zanettacci, mise en scène par Julie Lopes Curval et Hélène Vincent, avec Hélène Vincent, une scénographie de Tim Northam et les lumières par Arnaud Jung.


Des coulisses s’avance Hélène Vincent, elle n’est pas encore tout à fait Ita L. née Goldfeld. Sur scène, une chaise, un pupitre, une petite table avec un téléphone, une bouteille, un verre, sur une autre chaise, une forme bleue en tissu, plus loin derrière, dans l’ombre, un tas que le spectateur n’identifie pas encore.

Hélène Vincent s’asseoit devant le pupitre, elle pose le texte qu’elle tenait, ouvre à la première page, et lit en se guidant. Ouverture du livre, ouverture vers cette fresque intime. Entrée dans une heure de la vie d’Ita L. née Goldfeld. La lecture, évocatrice déjà, laisse place au jeu, à la vie de cette femme.

1942, rue du petit Musc, la gestapo - "les policiers" - sont déjà venus une fois. Ils repasseront la chercher dans une heure, que sa valise soit faite, et qu’elle profite de cette heure. Quoi faire ? Fuir, rester, attendre encore pleine d’espoir le retour de Jacques, son fils, amené à Drancy. L’heure passe, avec elle remontent les souvenirs, bonheur simple, la famille, les souffrances déjà, l’exil, la bonté et ces Français qui, vous savez, préfèrent ne plus parler aux Juifs, par sécurité.

Seule sur scène, Hélène Vincent offre une Ita L. passant de la vivacité des souvenirs joyeux au désespoir de l’incompréhension. Le jeu de l’actrice est intense et retenu, faisant parler son corps, ses pieds, ses mains, son visage, ses yeux - beaucoup - pour amener avec elle le spectateur dans l’esprit de cette femme âgée, qui attend d’être emmenée vers la mort.
Et chaque spectateur est interpellé, regardé dans les yeux à un moment ou un autre.

La mise en scène accompagne ce jeu profond par une simplicité bienvenue mais signifiante. Il y a notamment cette robe bleue, tantôt saisie pour virevolter, tantôt saisie comme un corps inanimé. Et de l’un à l’autre, la mort s’est rapprochée. Les jeux de lumières relaient l’effet de la spirale d’un esprit vieilli et qui ne sait plus comment agir. Le personnage tourne en rond, emprisonné sur un tapis qui délimite sa cage.

La salle du théâtre du Petit Saint-Martin participe de cette histoire et de cette mise en scène intime ; le spectateur y étant presque sur scène.

La richesse de cette pièce - et son intérêt - vient de la perspective qu’elle adopte sur l’histoire. Pas de point de vue moralisateur, une approche évocationnelle, par touches et tableaux, que le spectateur voit, entend, ressent. Finalement, un appel à la vie.

Pour en savoir plus :

- Site du théâtre du Petit Saint-Martin

- Présentation de la pièce : Ita L. née Goldfeld

- Photo : Bernard Richebé


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