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America ! America !, Elia Kazan

Histoire et cinéma aux Etats-Unis : analyse de film

mercredi 14 décembre 2005, par Anne-Renée Castex impression

Mots-clefs :: Cinéma :: Histoire ::

Tous les Américains ont d’abord été des immigrants. A ce titre, l’histoire de l’émigration vers l’Amérique peut être considérée comme un pan non négligeable de l’histoire américaine. Explorer l’expérience des immigrants en Amérique, c’est, en un sens, parler de l’essentiel : du rêve américain, du rêve qui fut un jour celui de tout américain. Car si techniquement, l’immigrant est un étranger, il est également, presque toujours, un futur citoyen américain.


Les mesures pour contrôler le flux des immigrants vers les États-Unis ne furent mises en place qu’au moment de la guerre de 1914-18, confirmées par les lois de 1924. La période qui nous intéresse est antérieure à ces limitations de l’afflux d’immigrants. En effet, les derniers membres de la famille d’Elia Kazan à émigrer arrivèrent aux États-Unis en 1913.

Kazan a romancé l’histoire de son oncle pour les besoins du scénario comme il le dit lui-même le 8 Décembre 1963 dans le Herald Tribune : « Mon oncle occupe mon esprit parce que j’ai pensé à lui lorsque j’ai conçu, puis écrit, puis réalisé America America. Ce n’est pas vraiment son histoire, mais elle lui doit beaucoup. Et moi aussi. Je ne ferais probablement pas de films ni ne serais en Amérique s’il n’avait réussi à venir ici à la suite d’une saga qui est légendaire dans ma famille. »
America America , au delà de l’aspect autobiographique, est avant tout l’histoire de l’odyssée des émigrants (vécue par des millions de personnes) et de la fascination exercée par l’Amérique. Voilà comment Kazan définit lui-même le projet d’America America en 1963 : « Le livre que j’ai écrit […] parle du désir et de la faim de ces êtres et de ce qu’ils finiront par faire pour parvenir jusqu’ici, jusqu’à endurer toutes les épreuves, tuer, abandonner même un peu de leur fierté et de leur honneur pour atteindre ce que nous tous ici, aujourd’hui, considérons comme acquis. »

Résumé (par Kazan) :

«  America America […] est l’histoire d’un voyage. Le garçon progresse en dépit d’obstacles fantastiques, absurdes, écrasants. Il part de son village natal en Asie Mineure pour arriver dans le port de New York. L’année est 1886. L’Amérique est un rêve, une rumeur. Il connaît toutes sortes d’aventures, d’épreuves, de revers de fortune. Dans l’intérieur de la Turquie, dans le port de Constantinople (aujourd’hui Istanbul) et même sur le bateau qui fait la traversée jusqu’ici, le voyage semble impossible. La clé du personnage […] c’était la ténacité, l’obstination, l’énergie. ».


I) Un double voyage

- Les raisons de l’exil :

L’histoire commence en 1886 en Turquie, plus précisément en Anatolie, où vit la famille Topouzoglou. Celle-ci appartient à la minorité grecque, qui subit, tout comme les kurdes, la répression du pouvoir politique turc. Le film commence par une scène de massacres perpétrés par les turcs contre les kurdes, en représailles d’un attentat (à Istanbul= Constantinople). Un ami kurde de Stavros (le personnage principal du film, oncle de Kazan) meurt pendant ces massacres. C’est à ce moment que Stavros rêve pour la première fois de l’Amérique, vue comme une terre de liberté et d’égalité, où ces tueries injustes et inutiles n’auraient pas lieu. Cette partie du film rejoint une certaine réalité : de nombreux Turcs, Arméniens et Grecs ont quitté la Turquie à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle pour fuir l’oppression politique. Le nombre des émigrants turcs à passer par Ellis island de 1892 à 1924 s’élève à 400.000. Mais il y avait également d’autres raisons, le plus souvent économiques, qui ont poussé parfois des populations entières à émigrer : exploitation, misère, famine (c’est le cas de millions d’irlandais au 19ème siècle), épidémies (Italie du sud) etc. A ceux-là l’Amérique apparaissait comme une promesse de mieux-être, un pays où étaient garanties les libertés politique, religieuse et économique ainsi qu’une rapide naturalisation. Malgré l’angoisse et la douleur de l’exil, l’espoir américain était assez fort pour mettre en mouvement des populations entières. Mais qu’est-ce qui décide les migrants à choisir entre la migration intérieure (dans leur propre pays) et l’émigration, l’exil qui signifie une rupture totale avec la terre de ses ancêtres, sa culture, ses traditions ? La question est posée dans le film où le père de Stavros, Isaac, se prononce pour sa part pour la migration intérieure alors que son fils projette d’aller en Amérique, ce qui apparaît tout au long du film comme un rêve irréalisable. En réalité, le départ pour l’Amérique n’entre pas dans le champ des possibles envisageable par Isaac ; c’est pour lui un projet fou et utopique, en tout cas non réaliste.

- Jusqu’au port d’embarquement :

C’était très souvent un double voyage qui attendait les émigrants : d’abord de leur lieu de résidence jusqu’au port d’embarquement, puis ensuite le bateau jusqu’en Amérique. Notons que la première partie du voyage, jusqu’au port d’embarquement n’était pas la moins dangereuse, ce qui est bien montré dans le film. En effet, la partie consacrée au voyage jusqu’à Constantinople, puis à Constantinople est la plus longue (environ les ¾ du film) et celle où Stavros rencontre le plus d’obstacles et où son projet semble de moins en moins crédible.

  • dangers du voyage

Le voyage jusqu’au port d’embarquement est déjà un voyage long, compliqué et dangereux. Dans le film, le père de Stavros, Isaac, finit par se laisser convaincre par son fils qu’il vaut mieux tenter sa chance ailleurs qu’en Anatolie : il lui confie tous les biens de la famille (argent, bijoux, étoffes) et l’envoie à Constantinople pour travailler chez un cousin qui vend des tapis, avec pour but, à terme, de faire venir toute la famille à Constantinople. Mais Stavros se fait presque tout voler en chemin et arrive sans rien à Constantinople. Constantinople était effectivement à l’époque un port d’embarquement pour les Etats-Unis à l’époque.

  • le prix du billet

Obsédé par l’Amérique, Stavros quitte la maison de son cousin et cumule plusieurs emplois en vue de se procurer les 110 livres turques, prix du voyage en bateau. Malgré plusieurs mois de travail acharné, il n’a économisé que 7 livres turques et comprend qu’il n’arrivera à rien de cette façon. Après quelques péripéties, il finit par aboutir de nouveau chez son cousin grâce aux manœuvres duquel il parvient à épouser une fille de bonne famille, ce qui lui procure enfin l’argent du voyage (ce qui amène les thèmes chers à Kazan de la compromission et de la culpabilité). Il est vrai que le prix du voyage en bateau vers l’Amérique était très cher, voire exorbitant pour les candidats à l’émigration, surtout quand ils venaient de pays pauvres. De plus, ce prix a beaucoup augmenté entre la fin du 19ème siècle et le début du 20ème siècle : de 10 dollars américains en 1880, il passe à 35 dollars après la guerre de 1914.

- Sur le bateau à destination d’Amérique

  • conditions du voyage :

Le temps consacré dans le film à la traversée est assez long (une vingtaine de minutes) ce qui est
assez réaliste. En effet, la traversée durait environ 3 semaines à la fin du 19ème siècle (depuis l’avènement de la navigation à vapeur). Les conditions de navigation apparaissent comme assez mauvaises. Kazan ne s’intéresse qu’aux 3ème classe, dans lesquelles voyagent la plupart des migrants. Les 3ème classe étaient réunis à fond de cale, dans d’immenses dortoirs sans fenêtres où pouvaient s’entasser jusqu’à 2000 passagers ce qui est rendu à peu près fidèlement dans le film bien que Kazan n’insiste pas trop sur cet aspect.

++++
II) l’arrivée en Amérique

- Ellis island :

  • localisation et histoire :

Après une traversée longue et éprouvante, les passagers n’avaient plus qu’à passer les formalités d’immigration. A partir de 1892, celles-ci se déroulent sur l’îlot d’Ellis Island, à quelques centaines de mètres de la pointe de Manhattan, où les services du Bureau fédéral de l’immigration avaient installé leur centre d’accueil. En 1914, l’émigration commence à s’arrêter à cause de la guerre puis en conséquence d’une série de mesures de limitation qualitatives (literacy act) et quantitatives (mise en place de quotas). En 1924, les formalités d’immigration sont finalement confiées aux consulats américains dans les pays de départ des émigrés. Ellis island devient alors un centre de détention pour émigrants en situation irrégulière, puis après la seconde guerre mondiale un centre de détention pour les personnes soupçonnées d’activité antiaméricaines. L’île est finalement fermée en 1954 (c’est aujourd’hui un monument national). La période évoquée dans le film de Kazan se situe juste avant les mesures de limitation de la première guerre mondiale.

  • suicides :

De 1892 à 1924, il y eut 3000 suicides sur Ellis island. On peut supposer qu’il s’agissait d’émigrants refoulés. Kazan fait allusion à cette réalité dans America America : en effet, lors de la traversée, Stavros retrouve un jeune garçon qu’il avait déjà croisé plusieurs fois dans le film (sur le chemin de Constantinople, puis à Constantinople). Celui-ci a réussi à s’embarquer pour l’Amérique sur le même bateau mais, visiblement atteint de la tuberculose, il se suicide. Notons que la tuberculose faisait partie des maladies entraînant un refoulement immédiat ainsi que le trachome et la teigne.

  • formalités d’immigration :

Tout le monde ne passait pas par Ellis island, ce qui est d’ailleurs le cas dans le film : seuls les passagers de 3ème classe sont concernés. Les passagers de 2nde et 1ère classe sont contrôlés à bord par un officier d’état civil et un médecin. 2% seulement d’émigrants furent refoulés d’Ellis island de 1892 à 1924 ce qui représente quand même 250.000 personnes. On peut dire que Ellis island était une sorte d’usine à fabriquer des américains, à transformer des émigrés en immigrés. En effet, environ 16 millions de personnes passèrent en tout par Ellis island, dont environ les ¾ entre 1892 et 1914 (période concernée par le film), qui correspond à la dernière grande vague d’immigration aux Etats-Unis. A cette époque, près de 10.000 personnes passaient chaque jour par Ellis island. Cet aspect industriel de l’immigration à l’époque est très bien rendu dans le film où l’on voit, après quelques temps d’attente, la rapidité des formalités d’immigration, qui ne prennent en général que quelques minutes, vu le nombre de personnes à enregistrer en une seule journée. 4 émigrants sur 5 n’ont passé sur Ellis island que quelques heures. La visite médicale est sommaire, et apparaît comme telle dans le film. Après l’inspection médicale, les émigrants passaient, au terme d’une attente plus ou moins longue devant des bureaux (legal desks) derrière lesquels siégeaient un interprète et un inspecteur. L’inspecteur décidait en quelques minutes si l’émigrant avait le droit d’entrer aux Etats-Unis, après lui avoir posé une série de 29 questions (cela n’est pas montré dans le film). Dans le film, les formalités en elles-même paraissent très rapides et Stavros passe plus longtemps à attendre son tour qu’à répondre aux questions de l’officier de l’immigration. Une scène correspondant à une réalité connue est également celle des changements de noms : dans le film, l’inspecteur propose un nom américanisé à Stavros. Il est vrai que la plupart des histoires de changements de noms ont eu lieu à Ellis island, à l’initiative des inspecteurs, mais aussi souvent des émigrants eux-mêmes qui souhaitaient avoir des noms à consonance américaine. Le hall principal d’enregistrement est rendu à peu près par Kazan à cela près qu’il n’a pas représenté les barres métalliques qui divisaient la salle en allées et lui ont valu le surnom de « parc à bestiaux ». En effet, ces barres, considérées comme inhumaines, ne furent retirées qu’en 1911 et remplacées par des bancs. Elles y étaient donc encore quand Stavros y passa dans le film.

- New York :

Dans le film, Stavros se trouve un travail (cireur de chaussures) dans New York même. Cela est en accord avec l’histoire de l’oncle de Kazan qui resta effectivement à New York.. Mais pour la plupart des immigrants, New York n’était qu’une étape : seul 1/3 y restait comme Stavros dans le film. Les autres ne faisaient que passer et avaient pour intention de continuer leur périple vers l’intérieur du continent. Pour ceux qui s’y installaient, les conditions de vie et de travail étaient souvent plus dures que celles qu’ils avaient connu dans leur pays, mais à force de travail, ils finissaient par obtenir le mieux être qu’ils étaient venus chercher.

++++Conclusion

America America est basé sur la véritable histoire, librement romancée, de l’oncle de Kazan, qui émigra aux Etats-Unis depuis la Turquie au début du siècle. Cela dit, il semble que les transformations voulues par les impératifs du scénario n’aient pas réellement altéré la crédibilité historique du film mais plutôt la vraie histoire de Joe Kazan, l’oncle d’Elia Kazan.

En effet, Kazan montre à travers ce film ce que le rêve américain a représenté pour des millions de personnes victimes de l’oppression ou de la misère : un possible mieux-être, une chance de repartir à zéro dans un pays de liberté. Il ne tombe pas pour autant dans l’optimisme angélique en montrant aussi les limites de ce rêve. A un moment dans le film, quelqu’un fait remarquer à Stavros qu’un pauvre n’est rien, aux Etats-Unis également. On peut dire que Kazan a fait un effort pour restituer assez fidèlement ce que pouvait être le parcours d’un candidat à l’émigration, depuis sa terre natale jusqu’à son arrivée, même si certains passages sont écourtés par rapport à ce que devait être la réalité.


Film : America, America

Année : 1963

Réalisateur : Elia Kazan

Sujet : Le film, basé sur des faits réels (et dont le scénario est adapté d’un roman éponyme écrit par Kazan), raconte la venue en Amérique de l’oncle d’Elia Kazan puis de toute sa famille depuis la Turquie, au début du 20ème siècle. Le film commence en 1886 et se termine en 1913, date à laquelle Elia Kazan, âgé de 4 ans, arrive aux Etats-Unis.

Bibliographie :

- Brun Jeanine, America ! America ! trois siècles d ‘émigration aux Etats-Unis (1620-1920, Archives Gallimard Julliard, 1980.
- Ciment Michel, Elia Kazan, une odyssée américaine, Calmann-Lévy, 1987.
- Perec Georges, Bober Robert, Récits d’Ellis island  : histoires d’errance et d’espoir, 1994.
- Tavernier Bertrand, Dictionnaire du cinéma américain, tome 1.
- Weil François, Histoire de New York, Fayard, 2000.


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+ Répondre à cet article (3 commentaires)
  • America ! America !, Elia Kazan

    1er mai 2009 21:57, par Jean-Jacques de la Tillaie

    Erreur gravissime dans cet exposé par ailleurs bien documenté mais je me demande si l’auteur a vu le film ! Il est écrit au tout début : "Celle-ci (la famille du héros) appartient à la minorité grecque, qui subit, tout comme les kurdes, la répression du pouvoir politique turc. Le film commence par une scène de massacres perpétrés par les turcs contre les kurdes, en représailles d’un attentat (à Istanbul= Constantinople)."
    Il faut changer Kurdes par Arméniens !!!! Les kurdes étaient malheureusement très majoritairement du côté des bourreaux. Ce film fait justice aux chrétiens de Turquie. Les Grecs et les Arméniens connaissent (presque tous) ce film. Le massacre, c’est une église incendiée avec les réfugiés à l’intérieur. Les kurdes ne sont pas chrétiens !
    Un détail parmi tant d’autres émouvants. Le jeunes héros grec arrivé à New York dit se nommer Ovanes (Jean en arménien), le prénom de son camarade de voyage, un arménien qui s’est sacrifié, malade, juste avant d’arriver. Le douanier pour qui Ovanes ne veut rien dire, inscrit sur sa fiche : Joe Harness. Elia Kazan a voulu sceller ainsi le sort des Grecs et des Arméniens (et non pas des Kurdes !).
    Si vous pouvez faire quelque chose...

    repondre message

  • America ! America !, Elia Kazan

    29 décembre 2010 22:45, par petrossian

    ce sont des armeniens et non pas des kurdes qui sont persécutés

    repondre message

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