Accueil > Art et culture > Alain Blondel peintre des mots, poète des (...)

Alain Blondel peintre des mots, poète des couleurs

« Une langue optique pour la surface »

mercredi 26 mars 2014, par Laëtitia T. impression

Mots-clefs :: arts visuels :: La Revue du 24 ::

L’artiste Alain Blondel expose ses œuvres du 22 au 30 mars à l’espace 25/M de Montreuil et met en valeur son livre Disparités qui recense certaines de ses créations. Éclairement a assisté au vernissage. Coup de projecteurs sur un projet novateur.


C’est l’espace 25/M, salle d’événements récente, qu’a investi Alain Blondel pour présenter ses œuvres qui épousent toutes une même singularité. Ses créations allient des mots à des formes et des couleurs. Pour faire figurer ses compositions dans un recueil, il a mobilisé les internautes à travers le site de crowfunding Kiss Kiss bank Bank afin d’obtenir de l’aide financière. Un pari osé et de qualité qui mérite d’être salué.

Son projet d’envergure s’oriente sur l’ambition d’imprégner de messages ses peintures et ses dessins.
S’agit-il de poèmes peints ou de toiles écrites ? Nulle réponse n’est adéquate puisque les fresques mettent en symbiose ces deux formes d’art. Alain Blondel a sans conteste une affection pour ces types de création. Il avait rédigé la pièce de théâtre Girouette et Pisse vinaigre avec le poète haïtien Syto Cavé en 2011. En parallèle, il se consacre à la peinture depuis 1980. Il maîtrise ces domaines avec brio.

Il joue avec les mots, le sens n’est pas spécifiquement l’objectif primaire mais en observant les œuvres, il est aisé de constater des exercices de style propices à une sorte de fugue méditative. On découvre des aphorismes agréables « La tête est un musée banal » ou interpellateurs « Éloquence sans rhétorique ». Certaines phrases sont en adéquation avec le processus de création qu’Alain Blondel opère, comme une métaréflexion sur le procédé d’élaboration. « Une langue optique pour la surface » - « Le mot est le double de la chose qu’il représente » - « La tête est autoritaire ».

Nous apercevons des locutions qui rampent les unes sur les autres pour se fusionner à la couleur. Par ailleurs, l’artiste ne se cantonne pas à une seule manière d’explorer le lien des phrases avec le visuel.
Il emploie le monochrome tant que les tonalités, s’adonne au dessin comme à la peinture. Il fait preuve d’une polyvalence rigoureuse : soit il joue sur les formes du support ( menhirs, ronds ) à travers des écritures noires sur un fond blanc, soit ce sont les pigments qui priment et relient les énoncés. Dans d’autres compositions il mise sur des calligrammes innovants qui représentent des traits particuliers. On se retrouve alors parfois confronté à des figures quelque peu fantomatiques qui semblent se désagréger. On a le sentiment de découvrir des calligrammes Apollinairiens en union avec des touches de couleurs. En observant à distance les réalisations, on rejoint l’effet des tableaux de pointillisme, les écritures se confondent avec les formes à tel point que l’on ne remarque pas d’emblée qu’il s’agit de lettres. La langue devient un élément esthétique à part entière. Cet ensemble est une manière de lier le logos de la parole au sensible du visuel. Une forme d’art judicieuse qu’il faudrait appréhender par les sensations sans évincer l’intellect.

Alain Blondel a choisi de concevoir un livre composé de 109 de ses dessins en 80 pages. Le livre "Disparités" est publié aux éditions EBL.

Parfois il y a confusion à travers un méli-mélo, comme un chahut de mots. Cet illisibilité est propice à créer un capharnaüm graphique original, mais ne serait-elle pas aussi le reflet de nos pensées abstruses, d’un langage qui se perd, des termes qui semblent insuffisants à traduire une idée ? Quoi qu’il advienne, l’artiste fait émerger sa sensibilité méthodique. Curieux oxymore en l’occurrence, pourtant ici émotions et raison s’embrassent fructueusement.

Pour en savoir plus, lisez notre article, "Trois questions à Alain Blondel"


© Tous les textes et documents disponibles sur ce site, sont, sauf mention contraire, protégés par une licence Creative Common (diffusion et reproduction libres avec l'obligation de citer l'auteur original et l'interdiction de toute modification et de toute utilisation commerciale sans autorisation préalable).

carre_trans Avec les mêmes mots-clefs
puce Le passager de Paris - Passage Verdeau
puce Le passager de Paris - Passage Jouffroy
puce Le passager de Paris - Passage des Panoramas
puce Salon littéraire du 21 mai 2016 - Compte-rendu, troisième partie
puce Salon littéraire du 21 mai 2016 - Compte-rendu, première partie
puce Interview de Minh-Triêt Pham - Le haïku
puce Lecture poétique à la Comédie Française
puce Peinture du chaos : trois questions à Maurice Cohen
puce Maurice Cohen et le chaos : la peinture comme énergie
puce Curiosité littéraire : L’Histoire de la littérature française de René Doumic
puce Le Rouge et le Noir : un enchantement pour les oreilles
puce La nuit européenne des Musées 2014 : une aventure d’un jour
puce Trois questions à Alain Blondel, peintre des mots et poète des couleurs
puce Newenko et l’album Ritmo Compacto, un groupe engagé
puce Persona, étrangement humain
puce La promenade féerique de Pierre
puce La promenade féerique de Floriane
puce La culture pour tous dans le spectacle vivant
puce L’amour sera convulsif ou ne sera pas
puce L’histoire d’un vieux Tzigane
puce Salon des Beaux-Arts, décembre 2014, quelques photos
Equipe Eclairement L'association
La lettre S'abonner
Facebook Twitter
Tutoriels   Microsoft Office   Firefox   Histoire   arts visuels   Cinéma   Fable   Techniques   BD   Android   Poésie   Installation   Anime   sport   Tutoriels pour débutant   Cours   Musique   Linux   Théâtre   Roman   Bases de données   Littérature   Windows Mobile   Edito   Urbanisme   Société   Métier   Peinture   Droit   Windows 7   Séries TV   Europe   Windows Vista   Recherche d’information bibliographique   Pages Ouvertes   Spectacle   Photographie   Windows   Manga   HTML   Education   Culture générale   Vie privée  
Eclairement © 1998 - 2012
Mentions légales - Contact - Partenaires